Réforme du lycée : la filière scientifique attire toujours autant

Éducation

La réforme du lycée, qui entre en vigueur en septembre prochain et vise à supprimer les séries (L, ES et S), ne changera rien à la prédominance d’une filière scientifique, souligne, jeudi 18 avril 2019, une étude du Snes-FSU, premier syndicat dans le secondaire.

Cette réforme supprime les trois filières de la voie générale. Les lycéens suivront à la place un tronc commun et choisiront trois spécialités en Première, ramenées à deux en Terminale.

Mais selon l’étude du syndicat, qui a analysé les vœux d’environ 4 000 élèves de 18 lycées aux conseils de classe du deuxième trimestre, les trois spécialités centrales de l’actuelle série S (maths, SVT, physique-chimie) sont demandées par plus de 50 % des élèves, soit la même proportion que la filière S l’an dernier (53 % des élèves de 2nde passés en 1re générale).

Les triplettes de type « économie et social » représentent, elles, entre un quart et un tiers des vœux des élèves, et les triplettes « littéraires » environ 15 %. Ce qui est à peu de choses près la répartition actuelle des séries S, ES et L…, relève le Snes-FSU, qui a multiplié les critiques contre cette réforme.

Autre enseignement de l’étude : avec la réforme, les garçons choisissent toujours massivement des disciplines scientifiques (70,1 % demandent des maths, contre 57,2 % de filles).

Les trois disciplines scientifiques, qui renvoient directement à la série S, sont beaucoup plus souvent demandées par les meilleurs élèves que par les élèves les plus faibles, ajoutent les rédacteurs de l’étude qui ont analysé les vœux d’orientation des dix meilleurs élèves et des dix élèves les plus faibles de 30 classes de Seconde.

En moyenne, 78 % des élèves aux meilleurs résultats choisissent la spécialité mathématiques, contre 23,3 % des élèves aux résultats les plus faibles.

« Mieux informés, plus conscients des enjeux sociaux, les élèves issus de familles socialement favorisées choisiront massivement les disciplines sur lesquelles porte la sélection », en conclut le syndicat, qui demande un « moratoire » de la réforme. « Attention à ne pas tirer de conclusions trop hâtives à partir d’un panel restreint et de choix qui ne sont pas encore définitifs », tempère Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN, principal syndicat des chefs d’établissement, interrogé par l’AFP.

Jusqu’à présent, il observe tout de même de « fortes demandes pour des matières scientifiques », sans qu’aucune des 12 spécialités proposées soit « délaissée » totalement.

De façon surprenante, la spécialité informatique semble « attirer moins que prévu », ajoute-t-il.

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