« Réorienter » l’apprentissage vers « les plus fragiles », plaident des économistes

Éducation

Quatre économistes plaident ce jeudi 18 septembre pour une « réorientation » de l’apprentissage « en faveur des plus fragiles », estimant que ce dispositif ne jouait pas son rôle « d’insertion », dans une tribune publiée par Les Echos.

« Pour améliorer le fonctionnement de l’apprentissage, il ne s’agit pas d’accroître les moyens sans discernement mais de réallouer les ressources vers les publics les plus fragiles », font valoir Pierre Cahuc, Marc Ferracci, Jean Tirole et Etienne Wasmer, membres du Conseil d’analyse économique (CAE), placé auprès du Premier ministre. Censé favoriser l’insertion des jeunes peu ou pas diplômés dans l’emploi, l’apprentissage s’est surtout développé, depuis 1992, dans l’enseignement supérieur auprès d’étudiants « déjà diplômés », soulignent les auteurs de la tribune.

La part des entrées dans le supérieur « est passé de 1 % du total en 1992 à 14 % en 2010 », alors que « la proportion des apprentis sans diplôme préalable a chuté de 60 % à seulement 35 % », expliquent-ils. « Or, ce sont justement ces jeunes pour lesquels le dispositif est le plus utile en termes d’insertion professionnelle », rappellent les membres du CAE. « En laissant ces jeunes de côté, l’apprentissage ne joue pas le rôle d’insertion et de correction des inégalités sociales que l’on peut en attendre », poursuivent-ils. « L’incroyable complexité du circuit de l’apprentissage en France », ainsi que l’affectation d’une partie de la taxe d’apprentissage à des filières « hors apprentissage » expliquent entre autres, selon eux, la défaillance du dispositif.

Les quatre économistes préconisent de « modifier en profondeur le circuit de financement, mais aussi la gouvernance du système afin de faire émerger les formations les plus utiles aux entreprises et les plus prometteuses pour les jeunes peu ou pas diplômés ». Vendredi 19 septembre, François Hollande doit réunir les principaux acteurs de l’apprentissage pour « lever tous les obstacles » au développement du dispositif et atteindre l’objectif de 500 000 apprentis en 2017. En 2013, le ministère du Travail recensait 415 000 apprentis en métropole, soit 3 % de moins qu’en 2012, et trois fois moins qu’en Allemagne, qui fait figure de référence.

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