TALIS : les enseignants et chefs d’établissement interrogés par l’OCDE

Éducation

Lancée en 2008, l’enquête internationale sur l’enseignement et l’apprentissage (TALIS) de l’Organisation de coopération et de développement économiques est la plus vaste enquête internationale réalisée auprès de chefs d’établissement et d’enseignants. Si ces derniers y ont une part très importante, cette enquête met en évidence le rôle de plus en plus exigeant des chefs d’établissement.

Exerçant dans plus de 34 pays et territoires membres ou partenaires de l’OCDE, 100 000 enseignants dans le monde ont été interrogés sur leurs convictions, leurs attitudes, leur sentiment d’efficacité et de satisfaction personnelle/professionnelle. En France, cela concerne quelque 3 000 enseignants de collège ainsi que leurs chefs d’établissement représentant 200 EPLE.

Éléments de profil des chefs d’établissement à l’échelle de l’OCDE

L’âge moyen des chefs d’établissement est 50 ans. À l’inverse de la population enseignante essentiellement féminine, la proportion de femmes chez les chefs d’établissement est plus faible.

En moyenne, en préalable à leur fonction de direction, les chefs d’établissement ont 21 années d’expérience dans le professorat. La France fait partie des pays dont les chefs d’établissement ont le moins enseigné (moins de 15 ans) au préalable.

Ce que montre l’enquête

Au croisement de toutes les exigences et de tous les intérêts de leurs interlocuteurs (élèves, enseignants, familles…), la mission des chefs d’établissement s’est largement compliquée ces dernières années :

  • 41 % des chefs d’établissement consacrent leur temps à la gestion des ressources humaines et matérielles, à la planification, à la rédaction de rapports et à l’application de réglementations.
  • Il existe une relation négative entre d’une part la charge de travail et le manque de partage des tâches et des prises de décisions et d’autre part la satisfaction professionnelle.
  • En France, contrairement à d’autres pays, très peu de chefs d’établissement franchissent la porte des cours. Si tous pays confondus, ils disent le faire régulièrement à 49 %, ce chiffre tombe à 8 % pour la France.
  • En matière de formation continue, au cours des 12 mois précédant l’enquête, les chefs d’établissement disent avoir consacré 20 jours pour participer à un réseau professionnel, à du tutorat ou à des recherches, 13 jours à des cours/conférences/visites d’études et 10 jours à d’autres types d’activité. Au vu des multiples tâches à effectuer, il est quasi impossible en France de pouvoir se libérer sur une telle période !

Quelles sont les perspectives ?

De nombreux pays investissent sur la fonction de direction d’un établissement dans le but d’améliorer les résultats des élèves. L’observation a ainsi mis en évidence plusieurs postures/actions « payantes » en ce domaine :

  • planifier les objectifs et le programme de l’établissement ainsi que le plan de formation continue,
  • collaborer avec les enseignants pour résoudre les problèmes de discipline en classe,
  • observer le déroulement des cours,
  • encourager les enseignants à s’attacher à améliorer leur pédagogie et à se sentir responsables du processus d’apprentissage chez leurs élèves, en communiquant aux parents et tuteurs des informations sur la performance de l’établissement et des élèves.

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