Une prime de performance pour les chefs d’établissement

Éducation

Après les recteurs, c’est au tour des chefs d’établissement de se voir octroyer une prime, à part variable, en fonction des résultats. Cette « prime au mérite » fait déjà grincer des dents.

Luc Chatel  a annoncé la conclusion d’un accord entre les syndicats représentatifs des chefs d’établissement (SNPDEN-Unsa, I&D-FAEN et Sgen-CFDT) et le ministère de l’Éducation nationale. Les principaux et proviseurs bénéficieraient ainsi, à compter de 2011 et tous les trois ans, d’une « prime de résultat » pouvant atteindre 6 000 euros.

Certes, cette prime n’est pas une nouveauté en soi. En effet, les chefs d’établissements touchaient jusqu’alors une prime dont le montant était fixe. Or la nouvelle prime comprend une part variable.

Cette décision s’inscrit dans le cadre de la politique du gouvernement consistant à développer des rémunérations variables liées aux performances pour les personnels, notamment d’encadrement. Cette prime correspond à la mise en œuvre de la Prime de fonctions et résultats (PFR) dans l’Éducation nationale. Par cette mesure, Luc Chatel entend ainsi « valoriser l’engagement personnel des acteurs de l’Éducation nationale ».

Concrètement, la prime antérieure était versée en fonction d’une évaluation du travail des chefs d’établissement. Elle devait mesurer si la lettre de mission qui leur avait été assignée avait été bien appliquée. En réalité, tout le monde percevait cette prime, résultats ou pas, voire même si l’évaluation s’avérait négative. À partir de 2011, il s’agira bien de conduire, avec chaque chef d’établissement, un entretien d’évaluation qui devra déterminer si la performance est atteinte ou pas. Le résultat de l’entretien conditionnera la décision ou pas d’affecter cette part variable, ainsi que son montant.

Pour ce faire, le Luc Chatel a indiqué qu’il s’agira de « mettre en place des contrats d’objectifs et de performance, et ensuite d’évaluer à partir des résultats de ces contrats ». De quels résultats parle-t-on au juste ? Le ministre en a cité plusieurs comme le projet pédagogique d’un établissement, les résultats scolaires ou la capacité d’intégrer des élèves en grande difficulté.

Certains ironisent déjà sur le fait que cette prime pourrait servir surtout à qualifier le « mérite » des chefs d’établissement dans leur détermination à faire « digérer » les réformes éducatives mal perçues par les enseignants et les personnels d’éducation, ou bien encore à faire appliquer dans les établissements les conséquences des suppressions de postes.

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Posté le par Rédaction Weka

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