Élections départementales : un élu et une élue par canton, le grand changement

Élus

Les élections cantonales sont désormais dénommées « élections départementales ». C’est la première fois qu’elles sont organisées dans toute la France sous cette appellation, avec un mode de scrutin totalement inédit – un homme et une femme par canton – et dans des circonscriptions entièrement redessinées.

Qui est concerné et qui est candidat ?

Ces élections, qui ont lieu les 22 et 29 mars, désigneront 4 108 conseillers départementaux (dont 3 990 en métropole). Jusqu’ici appelés conseillers généraux et renouvelés par moitié tous les trois ans, ils sont désormais tous élus en même temps, toujours pour six ans.

Le scrutin ne concerne ni Paris, où le conseil municipal fait aussi office de conseil départemental, ni la métropole de Lyon, qui exerce aussi depuis le 1er janvier les missions d’un conseil départemental. Outre-mer, Guyane et Martinique, qui deviendront des collectivités territoriales uniques au 1er janvier 2016, ne voteront pas non plus.

Il y a 18 194 candidats, presque autant que lors des scrutins cumulés de 2008 et 2011 (18 881), qui étaient des renouvellements partiels. Les candidats se présentant par équipes de deux, cela représente en moyenne 4,4 « binômes » (selon l’appellation officielle). Le record appartient au canton de Marseille-1 (11 binômes candidats).

65 députés et 46 sénateurs et 3 eurodéputés sont en lice (soit 114 parlementaires), ainsi que trois membres du gouvernement, trois maires de communes de plus de 100 000 habitants et 75 présidents de conseils généraux sortants (dont 33 sont aussi sénateurs ou députés).

17 candidats ont 18 ans, 23 ont plus de 90 ans. Âge moyen des candidats : 51 ans.

Mode de scrutin : pourquoi ça change ?

Dans chaque canton, les candidats se présentent en binôme, obligatoirement composé d’un homme et d’une femme (avec un suppléant de même sexe pour chacun). Conséquence, le nombre d’hommes et de femmes sera égal dans chaque assemblée départementale. C’était d’ailleurs l’objectif de la loi du 17 mai 2013 défendue au Parlement par Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur. Cette formule est apparemment unique au monde. « À notre connaissance, il n’y a pas de mode de scrutin exactement identique », dit-on au ministère de l’Intérieur.

Pour être élu au premier tour, le binôme doit obtenir au moins la majorité absolue des suffrages exprimés (plus de 50 %) et un nombre de suffrages égal à au moins 25 % des électeurs inscrits.

Si aucun binôme n’est élu dès le 1er tour, les deux binômes arrivés en tête au premier tour peuvent se maintenir. Les binômes suivants peuvent se maintenir seulement s’ils ont obtenu un nombre de suffrages au moins égal à 12,5 % des électeurs inscrits. Par exemple, si l’abstention atteint 50 %, le binôme arrivé troisième doit recueillir 25 % des voix au premier tour pour figurer au second. Une barre exigeante dans un contexte de désaffection des urnes.

Le binôme qui obtient le plus grand nombre de  voix au second tour est élu. Une fois élus, les deux membres du binôme exercent leur mandat indépendamment l’un de l’autre.

Pourquoi une nouvelle carte des cantons ?

La carte des cantons a été redessinée après un travail d’un an, et validée entièrement par le Conseil d’État, malgré plus de 2 000 recours, tous rejetés.

La carte de près de trois cantons sur cinq n’avait pratiquement pas bougé depuis… Napoléon, si bien que, dans la moitié des départements, le nombre des électeurs par canton variait dans une proportion de 1 à 10 ou plus. La nouvelle carte vise à ce que la population de tous les cantons soit, sauf exceptions justifiées, proche de la moyenne des cantons du département.

La nouvelle carte comporte 2 054 cantons (au lieu de 4 035 jusqu’ici). Conséquence, ces circonscriptions sont en moyenne deux fois plus grandes qu’avant. Outre un meilleur équilibre démographique, il s’agissait d’éviter que le doublement du nombre d’élus par canton (de un à deux) entraîne un doublement du nombre total d’élus.

 

par Thierry MASURE  / Copyright © AFP : « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2015

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