Les départements élisent leurs présidents, sous l’œil goguenard du FN

Élus

Quatre jours après la large victoire de la droite aux élections départementales, les assemblées des 101 départements élisent jeudi 2 avril leur président, un scrutin qui sera révélateur du degré de marginalisation du Front national parmi les élus.

Dimanche dernier, l’UMP et l’UDI ont fait basculer à droite 25 départements détenus par la gauche, et doivent normalement se retrouver jeudi soir aux commandes de 66 départements.

Pour être élu par ses pairs (pour six ans), le président du conseil départemental (ex-conseil général) doit recueillir la majorité absolue au 1er ou au 2e tour de scrutin. À défaut, il est élu à la majorité relative au 3e tour. En cas d’égalité des voix, l’élection est acquise au bénéfice de l’âge.

Dans cinq départements, le vote des Français le 29 mars n’a pas dégagé de majorité nette. Cela concerne le Vaucluse, le Gard, l’Aisne, le Tarn-et-Garonne et la Lozère. Les trois premiers nommés penchent à droite, les deux derniers à gauche.

Avec 31 cantons gagnés et 62 élus malgré un score de 25 % au premier tour le 22 mars, le parti de Marine Le Pen n’est pas en mesure de provoquer une crise comme celle qui avait secoué la « droite républicaine » en 1998 lors de l’entrée du FN dans quatre conseils régionaux.

Le Front national, qui présentera des candidats dans les 14 départements où il a des conseillers élus, entend néanmoins profiter du dernier round de jeudi pour dénoncer une nouvelle fois « l’UMPS », l’alliance supposée entre la droite et la gauche qu’il n’a de cesse de cibler. « C’est le binôme de la vie politique française, je les ai appelés les inséparables », a répété mercredi Florian Philippot, vice-président du parti d’extrême droite.

Les dirigeants frontistes ont à l’esprit que toutes les élections depuis 2012, intermédiaires ou partielles, ont montré qu’une partie significative des électeurs de l’UMP se reportait sur le candidat FN face au PS en cas de duel entre ces deux forces au second tour.

Marine Le Pen a pris l’exemple du Gard: « La gauche (y) est majoritaire, et l’UMP avec les élus FN est majoritaire. Alors, qu’est-ce qu’on fait ? Où en sera le FNPS de Nicolas Sarkozy ? Est-il mort-né ? Ou comme d’habitude le choix de l’UMP sera-t-il d’offrir le département au PS ? », a-t-elle interpellé.

La « charte » du FN

Pour tenter de rompre son isolement, son parti a rendu publique « une charte ». Ceux qui l’accepteraient recevraient l’appoint des voix frontistes jeudi. On y retrouve des thèmes chers à l’UMP comme la lutte contre « les fraudes sociales au RSA notamment » et le « refus de toute augmentation de la fiscalité ».

Mais Nicolas Sarkozy a déjà prévenu, concernant l’UMP : « Toute personne qui fera un accord avec le Front national, nous la mettrons dehors ».

Dans le Vaucluse, où gauche et droite sont à égalité avec 12 sièges chacun, l’UMP table sur l’élection à la majorité relative du doyen d’âge issu de ses rangs, Maurice Chabert, 71 ans, maire de Gordes.

À l’autre bout du pays, dans l’Aisne, où il n’a qu’un canton d’avance sur les huit de la gauche, le parti de Nicolas Sarkozy mise aussi sur le troisième tour pour porter l’un des siens à la présidence et neutraliser les élus des quatre cantons détenus par le FN.

Dans le Tarn-et-Garonne et la Lozère, ce sont des candidats dits « divers » qui arbitreront entre gauche et droite, à égalité de sièges. Dans les deux cas, ces candidats ont été classés par le ministère de l’Intérieur « divers gauche ». S’ils penchaient effectivement de ce côté, ce serait la poursuite du « règne » de Jean-Michel Baylet dans son département du sud-ouest et la confirmation que la Lozère est le seul département du cru électoral 2015 à basculer à gauche.

Deux duels au sein de la droite retiennent aussi l’attention.

Dans l’Essonne, Georges Tron, dont l’annulation du renvoi aux assises pour viol a été requis mardi par l’avocat général de la Cour de cassation, se maintient malgré la préférence donnée par l’UMP au maire de Montgeron, François Durovray.

Dans le Rhône, de tradition de centre-droit, le député UMP Christophe Guilloteau dispute la présidence à un UDI, Daniel Pomeret.

 

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