Municipales 2020 : les sénatoriales, le coup d’après

Élus

Les résultats des municipales auront un impact déterminant sur l’échéance électorale suivante, les sénatoriales prévues six mois plus tard, alors que les délégués des conseils municipaux représentent 95 % du collège élisant les sénateurs, aujourd’hui majoritairement de droite.

Les élections municipales sont « structurantes car elles forment la trame des 550 000 élus territoriaux qui eux-mêmes, au suffrage universel indirect, vont désigner les sénateurs. Et donc c’est une élection importante au plan politique », selon le président LR du Sénat, Gérard Larcher, qui affiche sa « sérénité ».

Une élection atypique

Les 348 sièges ne seront pas tous renouvelables. La Chambre haute a ceci de particulier qu’elle est « une chambre permanente », comme le souligne l’ancien garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas dans son « Que sais-je » sur le Sénat paru fin 2019.

Le Sénat est renouvelable par moitié (grosso modo) tous les 3 ans. Les 170 sièges de la « série 1 » ont été renouvelés en septembre 2017. En septembre 2020, ce sera au tour des 178 sièges de la « série 2 », comprenant pour la métropole les départements de l’Ain (01) à l’Indre (36), et du Bas-Rhin (67) au Territoire de Belfort (90), mais sans l’Île-de-France.

Ce modèle particulier garantit une certaine stabilité politique à la Chambre haute, au contraire de l’Assemblée nationale qui absorbe quasi instantanément, lors des élections législatives, l’effet de souffle de la présidentielle.

Élus des communes

Dans chaque département, les sénateurs sont élus par un collège de grands électeurs formé d’élus : députés et sénateurs, conseillers régionaux, conseillers départementaux et délégués des conseils municipaux, en fonction du nombre d’habitants et du nombre de membres du conseil municipal.

En 2017, 73 042 des 76 359 grands électeurs étaient issus des conseils municipaux, soit 95,66 %, selon M. Urvoas. Un poids considérable qui n’est pas étranger à la grande attention que portent les sénateurs aux élus locaux.

Question d’assemblage

En 2017, le tsunami La République en marche, qui a emporté l’Élysée puis l’Assemblée nationale, s’était arrêté aux portes du palais du Luxembourg, avec un nombre d’élus bien en deçà de ses espérances : le groupe LREM compte aujourd’hui 24 représentants, en 4e place numériquement derrière LR, le PS et les centristes.

Le scrutin particulier, couplé à l’absence d’implantation locale de LREM, avait permis à la droite de renforcer ses positions : Les Républicains avaient encore pu compter sur le très bon cru pour la droite des municipales de 2014.

En mars 2020, « l’assemblage peut être un peu différent », convient M. Larcher, tout en invitant à ne « pas surinterpréter l’élection municipale ».

Les commentateurs s’accordent pour prédire une lecture politique difficile des résultats, avec l’entrée en jeu des candidats investis ou soutenus par le parti présidentiel.

« Tectonique des plaques »

Quelle majorité au Sénat en septembre ? La majorité actuelle de droite est composée des Républicains – premier groupe mais qui n’est pas majoritaire à lui seul -, des centristes et du groupe Les Indépendants.

Proportionnellement, LR est l’un des deux groupes les plus concernés par le renouvellement de 2020, avec 79 élus touchés sur 144 (54,9 %), selon des données du Sénat arrêtées en janvier.

Le taux le plus élevé concerne le groupe RDSE à majorité radicale, avec 13 sénateurs renouvelables sur 23 (56,5 %), à l’inverse du groupe CRCE à majorité communiste (seulement 3 élus renouvelables sur 16, soit 18,8 %).

Les autres groupes sont proches des 50 % : 36 élus sur 71 pour le PS, 25 sur 51 pour les centristes, 12 sur 24 pour LREM, 6 sur 13 pour Les Indépendants, et enfin 4 des 6 sénateurs non inscrits.

Face à ce tableau, « certains cherchent à faire bouger des plaques tectoniques », lâche le chef de file du groupe PS Patrick Kanner.

Le patron des sénateurs LREM François Patriat, lui-même renouvelable, vise un doublement des effectifs de son groupe. Avec à la clé « une recomposition » dans l’hémicycle, « des alliances nouvelles pour soutenir le gouvernement dans la dernière partie du quinquennat ».

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