Nouveau dispositif pour faciliter la création d’entreprises dans les quartiers défavorisés

Emploi

Les ministres François Lamy (Ville) et Fleur Pellerin (PME) ont présenté, mercredi 11 décembre à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), leur plan « entrepreneurs des quartiers », destiné à faciliter la création d’entreprises dans les quartiers défavorisés.

Ce dispositif prévoit de faciliter l’accès au financement, notamment à travers une garantie des prêts bancaires jusqu’à 70 % de la somme prêtée ainsi qu’un doublement du prêt à la création d’entreprise, de 7 000 à 14 000 euros.

Un site internet dédié (www.entreprisesdesquartiers.fr) est aussi créé. Dix millions d’euros seront donnés en 2014 aux fonds d’investissement dédiés aux entreprises issues des quartiers.

Par ailleurs, l’État, avec le programme des investissements d’avenir et la Caisse des dépôts consacrera 600 millions d’euros sur la période 2014-2020 pour « lever des investissements privés » et « co-investir » dans des projets comme des pépinières d’entreprises, des maisons de santé, etc.

Enfin, pour développer le commerce de proximité dans les quartiers, l’Établissement pour l’aménagement et la restructuration des espaces commerciaux et artisanaux (Epareca) prévoit l’engagement de nouvelles opérations, pour un montant de 75 millions d’euros pour la période 2013-2015.

« Nous devons lutter contre les représentations négatives qu’ont un certain nombre de jeunes dans les quartiers d’eux-mêmes et de leur capacité à réussir, ainsi que contre l’isolement du créateur d’entreprise », a déclaré la ministre déléguée Fleur Pellerin.

Sans constater dans les faits qu’un jeune sur deux dans les quartiers souhaite créer son entreprise, comme l’avancent les statistiques, les associations relèvent néanmoins un « dynamisme » entrepreneurial qui se heurte à des difficultés.

« Les jeunes des quartiers, souvent ils ne sont pas pris au sérieux. Ils sont très jeunes, sans expérience professionnelle, n’ont généralement aucun capital d’avance », analyse Isabelle Larregneste, directrice développement de BGE Parif, réseau de soutien aux entrepreneurs.

Alors que près de huit créateurs d’entreprises sur 10 se lancent sans accompagnement, son organisation sillonne l’Île-de-France avec son « bus de la création d’entreprise » pour aller au-devant de la population. « Le conseiller emploi répondra à un jeune : »Ton projet n’est pas sérieux, va chercher du boulot. Mais il ne lui explique pas pourquoi son projet ne tient pas ». « Nous, on est dans la philosophie contraire », ajoute Mme Larregneste.

Les entrepreneurs rencontrés par les ministres au cours de leur déplacement à Gennevilliers ont particulièrement insisté sur les problèmes d’accès au financement, le poids des charges ainsi que la difficulté de trouver des locaux.

« J’ai des difficultés à trouver de l’argent car mon projet ne paraît pas assez concret. Je me bats par mes petits moyens. Parfois, on est un peu désespéré », a témoigné Coumba Koné, originaire de Clichy, qui a monté une petite structure de relations publiques après douze années en tant qu’employée. Sur le financement, « La question, c’est de savoir si les banques vont suivre… », a pondéré Faimatou Bouraima, ex-chômeuse qui a créé son entreprise d’achats dans le secteur du bâtiment.

La création d’entreprise dans les quartiers défavorisés est un serpent de mer des gouvernements successifs. En 2011, la précédente majorité avait mis en place un dispositif intitulé « Cordées de l’entrepreneuriat » qui consistait à faire accompagner des entrepreneurs issus des zones urbaines sensibles par des établissements d’enseignement supérieur. Huit ans plus tôt, une campagne de sensibilisation avait été lancée.
 

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