Sargasses : les conditions de l’état de catastrophe naturelle ne sont pas réunies

Finances locales

La ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin, a affirmé jeudi 23 juillet que les conditions d’une reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle concernant la prolifération de sargasses dans les Antilles françaises n’étaient pas réunies.

« Nous avons demandé avant le mois de juin dernier que ce soit considéré comme catastrophe naturelle. Mais la difficulté, c’est qu’il ne suffit pas de demander. C’est une procédure précise avec des conditions précises. Et (…) le ministère de l’Intérieur n’a pas considéré qu’on était dans une situation de catastrophe naturelle », a expliqué Mme Pau-Langevin, lors d’une conférence de presse à son ministère.

Un arrêté rejetant l’état de catastrophe naturelle pour les communes martiniquaises qui en avaient fait la demande a été publié mercredi au Journal officiel, a précisé son entourage.

Depuis plus d’un an, la Guadeloupe et la Martinique sont confrontées à l’échouage massif de ces algues, à l’origine de nuisances pour le tourisme, la pêche et les habitants, notamment lors de leur décomposition qui dégage des odeurs nauséabondes.

Plusieurs élus et collectivités ont demandé que l’État décrète l’état de catastrophe naturelle, ce qui permettrait aux habitants d’être indemnisés par les compagnies d’assurances à condition qu’ils puissent faire la preuve des dommages subis.

Le député Bruno Nestor Azerot (DVG) l’a par exemple demandé le 17 mars au gouvernement, et à nouveau le 23 juin. Il a rappelé que « lors de la crise des algues vertes de 2010 sur les côtes bretonnes, le gouvernement de l’époque avait dégagé près d’un milliard d’euros, l’état de catastrophe naturelle avait été déclaré et une gestion interministérielle sur la gestion du risque avait été mise en place pour lutter contre la prolifération du phénomène ».

Jeudi, Mme Pau-Langevin s’est dite prête à « revenir à la charge » auprès du gouvernement pour obtenir la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, tout en soulignant les limites de cet outil.

« Déclarer catastrophe naturelle ne règle pas tous les problèmes. Ça règle des questions avec les assurances, donc il faut déjà souvent avoir des biens assurés, des dommages indemnisables. »

Elle a indiqué avoir écrit aux ministres de la Santé, de l’Intérieur et de l’Environnement, de manière à « travailler à un vrai plan sargasses, de la même manière qu’on a eu le plan algues vertes ».

Elle a précisé que trois millions d’euros pour la Martinique, et autant pour la Guadeloupe et Saint-Martin, avaient été dégagés pour lutter contre le phénomène. Ces fonds ont notamment été mis à la disposition des collectivités locales pour qu’elles puissent embaucher du personnel chargé de nettoyer les plages.

 

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