Semaine de quatre jours à l’hôpital : une réflexion collective à enclencher

Publié le 6 octobre 2026 à 9h00 - par

Le Centre national de gestion (CNG) des praticiens et directeurs de la fonction publique hospitalière a organisé le 2 octobre un « rendez-vous » management consacré à la semaine de quatre jours à l’hôpital. L’occasion pour Nicolas Portolan, directeur des hôpitaux de Corrèze, de partager ses réflexions sur le sujet.

Semaine de quatre jours à l'hôpital : une réflexion collective à enclencher
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« La mise en place de la semaine de quatre jours implique une réflexion collective », a rappelé Nicolas Portolan, dont l’établissement expérimente la semaine de quatre jours. Ce sujet de société interroge différents enjeux autour de la qualité de vie au travail, d’une meilleure conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle des agents, du pouvoir d’achat, car la réduction du nombre de déplacements pour aller au travail génère des économies ou encore des enjeux d’efficience avec une amélioration générale de la productivité des agents qui en bénéficie. « Cependant, il faut tenir compte de certains points de vigilance, a-t-il souligné. La contraction du temps de travail peut entraîner une certaine fatigabilité, de même que des effets peuvent se faire ressentir sur la charge de travail et sur le stress. » Car la semaine de quatre jours n’est pas synonyme de réduction du temps de travail, « ce qui ne serait pas soutenable pour les établissements, a rapporté Nicolas Portolan. Les agents ont le même volume horaire, mais il doit être effectué en quatre jours, ce qui implique une réorganisation en termes de renouvellement des équipes ».

Une décision réfléchie collectivement

« À l’hôpital, la semaine de quatre jours existe depuis longtemps avec les plannings en 10 heures ou en 12 heures, a souligné Nicolas Portolan. Cette organisation permet, pour les soignants, des repos compensateurs, une diminution des temps de chevauchement, un équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, et une organisation des soins sur la journée. » La semaine de quatre jours permet également une meilleure productivité avec une gestion de la charge de travail qui peut se répartir sur des temps plus longs. « Cela évite pour les agents la pression de devoir rendre une tâche ou un produit fini à chaque équipe, qui accepte que le travail se fasse en continue », a-t-il constaté avant de mettre en garde : « Pour que cette organisation fonctionne, il faut une contractualisation entre les équipes et l’institution, et une capacité à formaliser le pacte autour de l’organisation retenue. » Sa mise en œuvre implique de revoir l’ensemble des cycles de travail, la politique des RTT et les organisations collectives. De même que les modalités de fonctionnement doivent être repensées pour concilier les intérêts individuels et collectifs.

Un exemple concret

À l’Institut Bergonié, le Centre de lutte contre le cancer (CLCC) de la Nouvelle-Aquitaine, une expérimentation sur la semaine de quatre jours a été lancée en 2023, notamment au sein du service social. Cependant, au regard de l’importance de leurs missions, pour que les assistantes sociales restent disponibles, il a été décidé que cette semaine de quatre jours en 9 heures par jour impliquait, en parallèle, l’instauration d’une astreinte de journée non rémunérée. « Les résultats sont bénéfiques à la fois pour les agents qui ont gagné davantage d’équilibre entre leur vie privée et vie professionnelle, pour le service, en raison d’un gain de disponibilité des agents, et pour l’institution avec une amélioration de la qualité de la prise en charge », a-t-il donné en exemple.
Une transposition de cette organisation aux praticiens hospitaliers, permettrait de répondre à l’évolution de leurs besoins et de leurs priorités selon les phases de leur carrière (activité clinique, enseignement, recherche, management). Cependant, le dispositif doit rester compatible avec les responsabilités et les contraintes de période de forte activité.

L’enjeu des RTT

La semaine de quatre jours peut devenir un levier pour forcer une réflexion collective sur l’organisation et permet d’apporter une réponse aux publics non éligibles au télétravail. Il faut toutefois la tester avant de la généraliser. L’objectif final consiste aussi à garantir le respect de la réglementation et l’intérêt conjugué des patients, des professionnels et de l’institution, sans surcoût. « Finalement, le débat repose principalement sur l’idée d’avoir des RTT posés librement ou des jours fixes chaque semaine, a soutenu Nicolas Portolan. Si chacun accepte de ne plus être libre de choisir ces jours de RTT, la semaine de quatre jours est possible. »

Laure Martin


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