Les députés ont très largement adopté en première lecture le projet de loi sur la ville

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Les députés ont très largement voté mercredi 27 novembre 2013 en première lecture le projet de loi sur la ville défendu par le ministre François Lamy, qui prévoit de recentrer les crédits sur des « quartiers prioritaires ».

Le projet de loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine a été adopté par 302 voix, celles des socialistes, écologistes et radicaux de gauche, contre 188, celles de l’UMP. L’UDI et le Front de gauche se sont abstenus. Deux socialistes ont fait de même, l’ancien président de SOS Racisme et député de l’Essonne Malek Boutih ainsi que le député de Paris Jean-Marie Le Guen.

Ce texte « constitue le symbole du ressaisissement de l’État dans ces quartiers », en ce jour de sortie du film « La Marche » qui retrace le périple il y a 30 ans de jeunes contre le racisme, un mouvement « qui donnera naissance à la politique de la Ville », a dit Yves Blein pour le groupe socialiste.

Aux yeux de l’UMP, ce projet de loi « manque de transparence », le ministre n’ayant pas fourni la liste des nouveaux « quartiers prioritaires », réservée à dessein « après les municipales ».

Le nombre de « quartiers prioritaires » devrait être de 1 300, contre 2 500 actuellement, avec pour critère unique que la moitié de la population y perçoive moins de 60 % du revenu fiscal médian, soit moins de 11 000 euros.

Vendredi lors de l’examen du texte dans l’hémicycle, le ministre François Lamy avait défendu la première « vraie réforme d’ampleur depuis dix ans », contenant une « promesse d’égalité ». Le texte prévoit aussi une nouvelle vague de travaux de rénovation urbaine, avec 5 milliards de subventions à l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine).

Pour les radicaux de gauche, Thierry Braillard a estimé mardi qu’il ne s’agissait pas d’une « énième réforme de la politique de la Ville » mais d’un projet conjuguant « concertation, simplification, efficacité ».

Les écologistes ont jugé que la réforme allait « dans le bon sens », selon Laurence Abeille. Mais ils souhaiteraient que les habitants ne soient pas simplement consultés sur la politique de la Ville, comme le prévoit le texte via des « conseils citoyens », mais « clairement associés ». De plus, ils s’inquiètent des financements et du manque de mesures pour le développement économique.

Pour sa part, l’UMP a jugé que le projet gouvernemental « confirmait l’intérêt de la politique de la Ville menée depuis ces dix dernières années », alors que les députés PS avaient vilipendé vendredi le nettoyage au « karcher » mené par Nicolas Sarkozy. « Nous partageons bien des propositions » mais le « manque de transparence » sur les futurs « quartiers prioritaires » et les « atteintes à la liberté des communes » que recèle l’obligation pour les intercommunalités de piloter la politique de la Ville font que le « non » l’emporte pour l’UMP, a expliqué au nom du groupe Jean-Marie Tétart.

Représentant l’UDI, Arnaud Richard a expliqué ne pas douter du « volontarisme » du ministre mais jugé le texte « bavard » et « flou », sans assurance sur les financements.

Pour le Front de gauche, le député-maire de Tremblay (Seine-Saint-Denis) François Asensi a reproché au texte de simplement « réduire » les inégalités sans les supprimer. Il a critiqué « la persistance d’une politique au fil de l’eau », qui plus est « prisonnière d’une politique d’austérité ». Il s’est toutefois félicité de la sanction prévue dans ce projet de loi contre la discrimination à l’adresse.

Le Sénat examinera le projet de loi en janvier. Le gouvernement souhaite une adoption définitive avant les municipales, afin que les nouvelles équipes puissent se saisir de ses outils.
 

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