Plus de prime d’activité pour certains bénéficiaires d’une pension d’invalidité

Insertion

APF France handicap s’insurge contre la suppression de la prime d’activité pour les pensionnés d’invalidité en emploi.

Depuis début juillet, APF France handicap est alertée par de nombreuses personnes qui viennent d’apprendre qu’elles ne bénéficiaient plus de la prime d’activité. Exemples : Valérie, titulaire d’une pension d’invalidité et en emploi à temps partiel, va perdre 140 euros par mois, soit plus de 10 % de ses ressources pour cette maman célibataire ; Sylvie va perdre 160 euros par mois et vivra désormais sous le seuil de pauvreté avec 900 euros par mois. Et l’association de poursuivre son énumération : Lami perd 235 euros par mois, Nadine perd 170 euros par mois, Sandrine perd 200 euros par mois… APF France handicap dénonce à nouveau la suppression de la prime d’activité pour les bénéficiaires de pension d’invalidité en emploi. Prévue par la loi de finances pour 2018, cette mesure « inacceptable », pour l’association, est entrée en vigueur ce 1er juillet. Elle « pénalise de nombreuses personnes en situation de handicap aux revenus modestes », s’insurge-t-elle.

« Les plus modestes sont frappés ! », répète APF France handicap. Pire, avec une perte moyenne de 158 euros par mois, selon l’association, elle fait passer un certain nombre de personnes en situation de handicap sous le seuil de pauvreté. APF France handicap a déjà vivement critiqué et combattu cette situation et l’aggravation de la précarité de ces personnes, notamment via une pétition et des mobilisations, mais… « sans jamais être entendue ! » « À l’heure où cette mesure inique vient frapper des revenus déjà modestes », l’association demande donc au président de la République son retrait, mais aussi « des engagements clairs et fermes pour lutter contre la pauvreté des personnes et non pour l’amplifier ! »

Cette décision de supprimer le bénéfice de la prime d’activité pour les salariés titulaires d’une pension d’invalidité est d’autant plus « injuste », estime l’association, qu’elle crée « une discrimination inacceptable par rapport aux autres personnes dans l’emploi qui, à revenu égal, bénéficieront bien de cette prime ». APF France handicap attend du gouvernement « qu’il apporte des solutions contre le non-recours aux aides sociales au lieu de supprimer celles qui ne seraient pas assez sollicitées ».

L’association rappelle que cette mesure vient s’ajouter à « la stagnation voire, pour certains, la dégradation de leurs ressources survenue ces derniers mois » : la revalorisation annoncée de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) ne concernera pas l’ensemble des bénéficiaires et n’interviendra totalement que fin 2019 ; les bénéficiaires de pension d’invalidité ont déjà été impactés par la hausse de la CSG. APF France handicap s’inquiète également des autres annonces et projets en cours concernant les APL, les retraites et pensions de réversion ou encore les contrats aidés. « Alors que le président de la République et le gouvernement affirment vouloir lutter contre la précarité, c’est l’accès aux droits qui est réduit pour de nombreuses personnes, les empêchant ainsi de vivre dignement », conclut l’association.

Pour retrouver la pétition lancée par APF France handicap : www.change.org/p/handicap-maladie-stop-precarite

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