Un rapport sénatorial recommande de “surseoir à la généralisation du SNU”

Publié le 16 mars 2023 à 8h15 - par

Un rapport du Sénat, publié cette semaine, recommande de « surseoir » à la généralisation du Service national universel (SNU) étudiée par le Gouvernement, « au regard des incertitudes » du projet, notamment en termes de coûts, « probablement supérieurs à 2 milliards d’euros ».

Un rapport sénatorial recommande de « surseoir à la généralisation du SNU »
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Selon ce rapport du sénateur socialiste Éric Jeansannetas, présenté mercredi 15 mars 2023 à la commission des finances du Sénat, « le projet de généralisation du Service national universel » est désormais « décliné en deux scénarios » – une généralisation « hors du temps scolaire », et une « sur temps scolaire », qui « a la préférence de la secrétaire d’État » chargée de la Jeunesse et du SNU, Sarah El Haïry – mais « aucun des deux scénarios » étudiés par le Gouvernement « n’est pleinement satisfaisant ».

Il souligne que, « quel que soit le scénario retenu », la généralisation du SNU « poserait des difficultés majeures en termes d’hébergement, d’encadrement et de coût ».

Le rapporteur énumère notamment la nécessité d’avoir « une véritable stratégie de recrutement du personnel » qui « n’existe pas aujourd’hui », et de créer une « filière » de l’encadrement du séjour de cohésion, « qui nécessite plusieurs années pour être construite ».

Le sénateur estime par ailleurs que les coûts du SNU seraient « probablement supérieurs à 2 milliards d’euros » et pense qu’il coûtera plutôt « de 2,4 à 3,1 milliards d’euros par an », comme évoqué dans un rapport des Inspections générales de 2018.

Le rapport recommande par conséquent de « surseoir au projet de généralisation du séjour de cohésion ». Estimant par ailleurs que la seconde phase du SNU, la mission d’intérêt général, « est loin d’être accomplie systématiquement », il préconise de la supprimer « au profit de sa phase 3, l’engagement volontaire sur plusieurs mois », qu’il conseille de « davantage valoriser » sur le temps long « via Parcoursup ».

M. Jeansannetas préconise enfin de « garantir que le Parlement », qui « n’a jusqu’à présent pas été saisi de cette question », « puisse se prononcer » sur le SNU.

Lancé en 2019 avec l’objectif de le rendre à terme obligatoire pour toute une classe d’âge, le SNU, projet controversé cher à Emmanuel Macron, a rassemblé 2 000 jeunes volontaires en 2019, 15 000 en 2021 et 32 000 en 2022.

Il propose aux adolescents âgés de 15 à 17 ans de participer à un « séjour de cohésion » gratuit, comprenant des activités sportives, culturelles et intellectuelles, puis à une mission d’intérêt général durant 84 heures.

L’hypothèse d’une généralisation sur le temps scolaire a été ravivée la semaine dernière, mais l’entourage de Sarah El Haïry a indiqué que « rien n’était acté ».

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