Hôpital d’Evry: ouverture en vue, mais partenariat public-privé toujours contesté

Partenariat public-privé

A quelques semaines de l’ouverture du site unique du Centre hospitalier Sud-Francilien (CHSF), plusieurs fois reportée et désormais fixée au 23 janvier, la polémique sur le partenariat public-privé reste vive, ses détracteurs n’ayant pas baissé la garde.

Un conseil de surveillance, présidé par le député-maire d’Evry, Manuel Valls (PS), se tient jeudi. Initialement prévue en mai, l’ouverture avait été reportée, car 8.000 malfaçons, selon l’hôpital, avaient été relevées. Des réserves tout à fait classiques, selon Eiffage, constructeur du bâtiment. Il y a été remédié, aux frais d’Eiffage pour certaines, de l’hôpital pour d’autres. Les vérifications faites et une fois obtenu l’aval de la commission de sécurité, mi-janvier, l’installation devrait pouvoir enfin commencer mais elle s’étalera sur plusieurs mois. « A ce stade », Eiffage ne perçoit pas « d’obstacles à l’ouverture le 23 janvier ».

L’association « Sauvons notre hôpital public », qui regroupe des médecins, personnels non-médicaux et usagers, demande une « simulation à blanc en situation » avant l’emménagement. Reflétant un avis largement partagé, le Dr Henri Lelièvre, président de cette association et chef par intérim du service orthopédie de l’hôpital, estime quoi qu’il en soit qu’« il n’y a pas d’autre solution que de sortir du partenariat public-privé (PPP) ». Pédiatre au CHSF, le Dr Alexis Mosca, membre de l’association, juge quant à lui qu’« il y a une antinomie entre le paiement d’un loyer et la mission de service public de l’hôpital ». « On va orienter l’offre de soins en fonction de paramètres financiers et pas des besoins de la population », dit-il, parlant du « boulet du PPP ». Selon lui, lors de la mise à disposition de l’hôpital par Eiffage, il n’y avait pas « de biberonnerie au service pédiatrie ». Quant aux « urgences pédiatriques elles ne sont pas dimensionnées : la salle d’attente actuelle fait 45m2, elle déborde, la nouvelle fait 30 m2 ».
   
L’association réclame une commission d’enquête parlementaire et a lancé, vendredi, une votation citoyenne sur la sortie ou non du PPP, comme l’avait demandé le conseil de surveillance de l’établissement, le 30 juin, avant le rapide départ en retraite du directeur. Environ 3.000 personnes ont voté, dont 25 contre la sortie du PPP, selon l’association. « Les modalités de financement sont tellement avantageuses pour Eiffage, et lèsent les finances publiques », dénonce Claude Combrisson, représentant des usagers, prenant pour exemple le fait que le bail ne comprenne pas les mises aux normes. « Si l’Etat fait son boulot, on peut avoir un des plus beaux hôpitaux, un des plus pointus en Europe », soupire le Dr Lelièvre.

A l’inverse, pour Eiffage, la sortie du PPP « n’est pas forcément intéressante pour l’hôpital ». Interrogée mardi par le sénateur (DVG) de l’Essonne Michel Berson, la secrétaire d’État Marie-Anne Montchamp, a affirmé que « le coût des travaux a été identique à celui d’une maîtrise d’ouvrage traditionnelle, si l’on veut tenir compte de tous les coûts liés à l’emprunt ». Selon elle, l’ouverture du CHSF, « le 23 janvier, se fera en toute sécurité », évoquant des « difficultés », qui « avaient été identifiées, comme pour toute fin de chantier ». En outre, Mme Montchamp a fait valoir que « l’IGF (Inspection générale des finances) a rendu son rapport, qui ne confirme pas la position de la chambre régionale des comptes ». Celle-ci, dans un rapport publié en février, avait vu dans le PPP une « formule juridique contraignante et financièrement aléatoire ».
   
Le 16 octobre, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, avait reconnu « qu’il y a eu un préjudice pour l’Etat, pour l’hôpital ». Contactée à de nombreuses reprises par l’AFP, la direction du CHSF n’a pas souhaité s’exprimer.

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