Handicap et dépendance : le gouvernement promet un plan d’action contre les maltraitances

Personnes âgées

Le gouvernement va présenter d’ici quelques mois un « plan d’action » pour mieux identifier et combattre les maltraitances à l’encontre des personnes dépendantes, âgées ou handicapées, un « fléau » que chacun doit avoir à cœur de dénoncer, a annoncé jeudi 24 janvier 2019 Agnès Buzyn.

Il s’agira de « trouver des réponses claires et fortes face à des réalités insupportables », a déclaré la ministre de la Santé et des Solidarités, à l’occasion de la remise d’un rapport consacré à ces questions.

Mots blessants, défauts de soins ou privation d’aller et venir : les maltraitances sont trop souvent sous-estimées, souligne ce rapport rédigé par une commission conjointe à deux instances consultatives, le Haut conseil de la famille et de l’âge (HCFEA) et le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH).

Dans les maisons de retraite, les établissements médicosociaux ou même lors des soins à domicile, cette « violence cachée » recouvre des situations très diverses, dont l’ampleur est mal mesurée, soulignent les auteurs, qui proposent des pistes pour mieux les identifier et les prévenir.

Le gouvernement s’inspirera « très largement » de ce travail « très éclairant », a promis Mme Buzyn.

Qu’elle soit délibérée ou au contraire inconsciente, imputable à des individus ou plutôt à des logiques collectives, la maltraitance « échappe encore largement aux regards », et peut même être mésestimée par ceux-là mêmes « qui en sont victimes », soulignent les auteurs.

Pour rester « bientraitants », les professionnels doivent veiller à ce que la nécessaire protection des personnes vulnérables contre les risques de la vie quotidienne ne devienne pas une entrave excessive à leur liberté, insistent par ailleurs les auteurs.

Pour remédier à ces situations, le rapport propose notamment de mettre l’accent sur la formation initiale et continue des professionnels.

Il suggère également plusieurs pistes pour faciliter, en cas de maltraitance constatée, la remontée de l’information vers les personnes compétentes.

Des instances territoriales spécifiques devraient être créées pour coordonner les « informations préoccupantes », et les professions médicales qui y siégeraient devraient être délivrées de leur secret professionnel.

Autre proposition : l’autorité administrative devrait acquérir le pouvoir de suspendre temporairement un professionnel qui aurait commis une maltraitance, et de le contraindre à suivre une formation.

Toute condamnation au pénal pour une atteinte aux personnes devrait obligatoirement figurer au casier judiciaire du professionnel concerné, et les employeurs devraient obligatoirement consulter ce casier avant toute embauche, préconise le rapport.

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