La réalité de la fin de vie en Ehpad

Personnes âgées

L’Observatoire national de la fin de vie vient de publier une étude inédite sur les conditions de la fin de vie dans les établissements accueillant des personnes âgées dépendantes.

L’Observatoire national de la fin de vie (ONFV) a présenté, mi-septembre, les premiers résultats d’une étude inédite sur la fin de vie dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Ces résultats permettent de lever le voile sur la réalité de la fin de vie dans ces institutions, où plus de 90 000 personnes âgées meurent chaque année.

À l’issue de cette étude, « une conclusion s’impose, selon l’Observatoire. Les conditions de la fin de vie en Ehpad pourraient être largement améliorées, grâce à des mesures simples et, pour l’essentiel, peu coûteuses. Des mesures qui demandent, en revanche, une réelle volonté politique ».

Avec un échantillon représentatif de 3 705 établissements répartis dans toutes les régions de France, l’étude de l’ONFV a permis de recueillir le lieu de décès de 70 606 résidents décédés en 2012 et d’obtenir des informations très précises sur 15 276 situations de fin de vie survenues en Ehpad en 2013. Cette étude est le fruit d’un travail commun avec l’Anesm, la Fédération française des associations de médecins coordonnateurs et le programme MobiQual (SFGG).
 

Les Ehpad : lieu de fin de vie pour nombre de personnes âgées

En moyenne, les Ehpad enregistrent chacun 20 décès par an parmi leurs résidents. Et les trois quarts de ces décès surviennent au sein même de l’établissement. Dans la très grande majorité des cas (87 %), ces résidents décèdent de façon non-soudaine, à la suite d’une période durant laquelle un accompagnement de la fin de vie peut être organisé. « Les maisons de retraite sont donc un « lieu de fin de vie » pour de nombreuses personnes âgées », soulignent les auteurs de l’étude.

Pendant les deux semaines précédant le décès, une majorité (54 %) des résidents qui décèdent en Ehpad reçoit des antalgiques puissants, « laissant à penser que la lutte contre la douleur a globalement progressé », note l’Observatoire.

L’entourage joue également un rôle important : au cours de la dernière semaine de vie, les trois quarts des résidents ont été entourés par leurs proches. Par ailleurs, en application de la loi Leonetti, pour près de quatre résidents sur dix décédés en Ehpad de façon non-soudaine, une décision de limitation ou d’arrêt des traitements a été prise au cours des deux dernières semaines de vie.
 

Des hospitalisations en fin de vie à éviter

Un quart des résidents d’Ehpad décèdent après avoir été transférés à l’hôpital. Et, parmi ceux qui décèdent dans leur établissement, 23 % ont été hospitalisés au moins une fois en urgence au cours des deux semaines qui ont précédé leur décès. « Cette réalité n’est pas une fatalité », s’insurge l’ONFV.

Ainsi, l’Observatoire indique que, lorsque les établissements disposent d’un(e) infirmier(e) la nuit, le nombre de ces hospitalisations baisse d’un tiers. Or, aujourd’hui, ces infirmiers de nuit ne sont présents que dans 14 % des établissements. Potentiellement, leur présence dans tous les Ehpad « pourrait éviter chaque année 18 000 transferts en urgence à l’hôpital… »

D’autres résultats de l’étude doivent également alerter les professionnels et les pouvoirs publics, pointe l’Observatoire. Par exemple : un médecin coordonnateur sur cinq n’a aucune formation à l’accompagnement de la fin de vie ; un quart des résidents en fin de vie sont dans un réel inconfort physique au cours de leur dernière semaine de vie ; 7 % ressentent des douleurs très intenses dans les dernières 24 heures avant leur décès.

Autre motif d’inquiétude pour l’ONFV : si les trois quarts des personnes âgées sont entourées par leurs proches, un quart d’entre elles meurent sans entourage à leurs côtés…

Résultats complets de l’étude sur : https://sites.google.com/site/observatoirenationalfindevie/

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