Seuls 2 Français sur 10 placeraient un proche dépendant en établissement

Personnes âgées

Seuls deux Français sur dix souhaiteraient placer un proche en établissement spécialisé s’il devenait dépendant, un rejet dû à un sentiment de culpabilité face à cette solution, mais aussi à son coût élevé, selon une étude publiée lundi 15 décembre 2014.

Huit personnes interrogées sur dix opteraient pour le maintien à domicile : 29 % se disent prêts à accueillir le proche dépendant chez eux, 30 % à s’en occuper à son domicile, 22 % à consacrer une partie de leur revenu à lui payer des aides, selon cette étude* de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).

Cette préférence s’explique notamment par la « culpabilité » de recourir à une institution, perçue comme une « privation de liberté ». Le coût élevé des établissements (2 200 euros par mois en moyenne) explique aussi leur rejet, par ailleurs imputable à la crainte de la maltraitance ou de l’isolement.

Le placement en institution d’un proche est plus souvent envisagé par les personnes les plus aisées que par celles aux revenus les plus faibles (23 % et 14 % respectivement).

Concernant leur propre sort, la vie en établissement est plus envisageable pour les plus aisés (44 % contre 28 % pour les plus faibles revenus). Dans les faits, la probabilité d’aller en établissement est pourtant plus élevée dans les catégories les plus modestes.

Sept Français sur dix (73 %) considèrent que les pouvoirs publics devraient être les principaux acteurs de la prise en charge des personnes âgées dépendantes, devant les familles (21 %), les compagnies d’assurance (4 %) et les associations (2 %).

65 % sont également prêts à épargner davantage pour le cas où ils deviendraient dépendants, la proportion étant plus forte chez les plus aisés (76 %). Ces derniers sont aussi plus nombreux (43 % contre 31 % chez les moins aisés) à se dire en faveur d’une cotisation « dépendance » obligatoire pour tous.

Enquête réalisée par BVA en face à face en octobre-novembre auprès de 4 000 personnes (méthode des quotas).

L’agenda des réformes annoncé par Manuel Valls prévoit que la loi d’adaptation de la société au vieillissement, centrée sur une amélioration des aides au maintien à domicile, doit être mise en œuvre au « 1er trimestre 2016″, alors que le gouvernement avait auparavant tablé sur la mi-2015.

Selon le secrétariat d’État aux personnes âgées, le Premier ministre a précisé que la loi serait votée et les décrets d’application publiés avant la fin 2015, permettant une entrée en vigueur le 1er janvier 2016.
 

* Source : Les ménages aisés envisageraient plus souvent de déléguer la prise en charge de leur proche parent dépendant, Dossiers Solidarité et Santé n° 57, 15 décembre 2014
 

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