Culture et handicap : la pratique culturelle est « un enjeu majeur » à développer

Personnes handicapées

Les personnes handicapées ont-elles véritablement accès à la culture ? Non, répond le Sénat, prônant dans un rapport une vingtaine de recommandations à mettre en place « sans délai », notamment le développement d’une politique tarifaire et de la pratique artistique pour tous et partout.

Dans une étude rendue publique mardi 25 juillet, initiée en 2015 à l’occasion des dix ans de  la loi Handicap, le groupe de travail « culture et handicap » estime que « les personnes handicapées sont comme invisibles : rien n’est suffisamment fait dans leur direction et une bonne partie de la société préfère ne pas les voir ».

« Malgré une multitude d’actions menées sur le terrain, l’accès des personnes en situation de handicap à la culture, en particulier à la pratique culturelle, n’est pas aujourd’hui pleinement assuré », a déclaré la sénatrice LR Nicole Duranton, co-rapporteure, lors d’une présentation à la presse.

« Il ne s’agit pas uniquement d’accessibilité des lieux ou des contenus, l’accès à la création est un enjeu majeur car il est vecteur d’émancipation et créé du lien social », a-t-elle souligné.

Le rapport évoque par exemple des conservatoires où « des ateliers sont destinés aux seules personnes en situation de handicap », ou encore des élèves « qui indiquent avoir été privés du choix de leur instrument » en raison de leur handicap.

Brigitte Gonthier-Maurin (communiste, républicain et citoyen), également co-rapporteure, a énuméré « le manque de lisibilité de l’action publique, le manque de moyens humains et matériels, le manque de données précises sur les initiatives existantes comme le manque de visibilité de celles-ci ».

« Dans un contexte de baisse des dotations aux collectivités territoriales, il est essentiel que l’État donne l’impulsion et consacre un budget à la fois plus important et plus pérenne », a-t-elle souhaité.

À la rentrée, le Sénat lancera une campagne de communication sur le thème « handicap et culture » et souhaite impulser un travail de cartographie des initiatives nationales dans la pratique culturelle et artistique.

Parmi ses recommandations, il plaide en outre pour « l’application de la gratuité ou de tarifs préférentiels aux publics handicapés ».

« Il n’existe pas aujourd’hui de politique tarifaire générale », a signalé la sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly, présidente de la Commission.

« Le coût de l’accès aux lieux de culture constitue un frein indéniable, surtout lorsqu’il est mis en regard du montant de l’allocation adulte handicapé (AAH) », environ 810 euros par mois.

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Posté le par Rédaction Weka

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