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Handicap : le calcul de l’AAH modifié pour les bénéficiaires en couple

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Le montant de l’allocation adulte handicapés (AAH) augmente à partir de ce mois de janvier pour certains de ses bénéficiaires les plus modestes, du fait d’un changement dans la prise en compte des revenus de leur conjoint, a indiqué lundi 24 janvier 2022 le gouvernement, mais cette réforme est jugée « insuffisante » par les associations.

Handicap : le calcul de l'AAH modifié pour les bénéficiaires en couple

Annoncé l’an dernier et officialisé par un décret paru la semaine dernière au Journal officiel, ce nouveau mode de calcul de l’allocation adulte handicapé (AAH) « permet à 140 000 foyers de bénéficier immédiatement d’une hausse moyenne de 110 à 120 euros par mois », a souligné dans un communiqué la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel. Il s’agit d’une « mesure de justice sociale qui accompagne les foyers les plus modestes », a-t-elle insisté.

Concrètement, les revenus du conjoint sont toujours pris en compte pour déterminer si une personne handicapée a droit à l’AAH, et si elle perçoit la prestation maximale (soit 904 euros par mois) ou partielle. Ce qui change est l’abattement appliqué aux revenus du conjoint : jusqu’à présent, il était proportionnel (avec un taux de 20 %), désormais ce sera un forfait de 5 000 euros, majoré de 1 400 euros par enfant.

Seront donc gagnants les couples où le conjoint de la personne handicapée a des revenus modestes : « désormais, toutes les personnes en couple et sans activité et dont le conjoint gagne le Smic toucheront l’AAH à taux plein, soit 904 euros par mois », fait valoir le gouvernement.

Cette réforme avait été annoncée par Mme Cluzel en juin dernier, pour répondre à la fronde des associations représentant les personnes handicapées, qui réclament depuis de longs mois que les revenus du conjoint ne soient plus du tout pris en compte dans le calcul de l’AAH.

À l’Assemblée nationale, cette mesure est soutenue par l’opposition de droite comme de gauche, mais le gouvernement campe sur son refus, estimant que la déconjugalisation serait « inéquitable » car bénéficiant sans distinction aux ménages modestes comme aux fortunés.

L’introduction d’un abattement forfaitaire sur les revenus du conjoint constitue une « amélioration » par rapport à la situation qui prévalait jusqu’à présent, mais « c’est insuffisant », a réagi l’association APF France Handicap.

« On reste sur une logique de dépendance au conjoint, c’est ça que nous contestons. Nous continuons à réclamer la déconjugalisation, et c’est ce que nous ferons valoir pendant la campagne électorale », a dit à l’AFP Carole Salères, chargée de l’emploi et des ressources au sein de l’association.

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