Le Collectif CEP-Enfance exige cinq mesures d’urgence pour la cause des enfants

Protection de l'enfance

Le Collectif CEP-Enfance demande au président de la République de prendre « cinq mesures d’urgence » pour défendre la cause des enfants.

Le Collectif « Construire ensemble la politique de l’enfance » (CEP-Enfance) s’est adressé directement au président de la République, le 6 juillet via une lettre ouverte, pour l’enjoindre de « prendre cinq mesures d’urgence pour la cause des enfants ! » Depuis sa création, ce collectif milite pour une politique favorable à la cause des enfants, qui devrait, selon lui, être portée par un ministère dédié à l’enfance.

En dépit des annonces du gouvernement, le CEP-Enfance constate que « les politiques actuelles non seulement ne permettent pas de lutter contre les inégalités dans l’enfance, mais bien souvent les aggravent ». Ainsi, les conditions de vie faites à de très nombreux enfants continuent de se dégrader, déplore-t-il.

Le collectif se tourne donc vers le gouvernement et l’appelle à prendre des mesures d’urgence dans cinq domaines de la vie des enfants et des adolescents.

1) La lutte contre la pauvreté des enfants en instaurant la gratuité des modes d’accueil, de la cantine, des temps périscolaires et des séjours de vacances collectifs, en premier lieu pour les enfants dont les familles vivent sous le seuil de pauvreté.

Le CEP-Enfance rappelle que l’universalité de l’école a été instaurée à la fin du 19e siècle sur la base de la gratuité. « Nous demandons, en ce début de 21e siècle, l’extension du principe de gratuité dès la prime enfance, rendant l’accès aux modes d’accueil possible pour tous, comme c’est le cas à l’école maternelle ». Selon lui, la gratuité devrait aussi s’appliquer à la cantine, aux temps périscolaires et aux séjours de vacances collectifs, depuis l’âge de  l’école jusqu’au lycée.

2) Le respect intégral des droits des enfants, notamment qu’il soit mis fin au placement des enfants et de leur famille ou de mineurs non accompagnés dans les centres de rétention

Plus de 300 enfants ont été enfermés en 2017, portant gravement atteinte au respect par la France de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), ce qui lui a valu d’être condamnée à cinq reprises par la Cour européenne des droits de l’Homme, pointe le collectif. « La France ne saurait s’affranchir de dispositions de la convention au risque de promouvoir une société qui maltraite les enfants les plus fragiles », insiste-t-il.

3) Le développement très significatif des ressources, dans le domaine artistique et culturel, affectées au budget de tous les lieux accueillant l’enfant et sa famille

L’art et la culture, leviers de l’émancipation individuelle, doivent irriguer tous les lieux dédiés à l’enfance et à la famille, estime le collectif. Dès le plus jeune âge et durant toute l’enfance, tous doivent avoir accès à des pratiques artistiques vivantes, rencontrer des œuvres et des artistes dans leur vie familiale et sociale. « Nous demandons que 10 % de ressources supplémentaires soient affectés aux budgets artistiques et culturels de tous les lieux dédiés à l’enfant et sa famille ».

4) L’établissement d’un plan d’urgence de prévention pour la santé environnementale, dès la période périnatale et de la petite enfance

De nombreux toxiques environnementaux (pesticides, polluants, plastifiants, perturbateurs endocriniens…) influent de façon défavorable sur le développement, la santé et l’épanouissement de l’enfant et de l’adolescent, s’inquiète le CEP-Enfance. Il réclame donc un plan de mesures urgentes de prévention pour lutter contre l’effet de ces toxiques, allant jusqu’à l’interdiction de ceux dont les impacts délétères sur la santé des bébés et des enfants sont avérés ou très probables.

5) La garantie d’accès à l’université sans sélection mais sur la base d’une orientation co-construite avec les jeunes et leur famille

« Préparer l’insertion sociale et professionnelle de tous les jeunes suppose de leur garantir un haut niveau de connaissances, de formation et de culture », rappelle le collectif. Les capacités d’accueil à l’université doivent donc être élargies. Les processus d’orientation doivent écarter tout dispositif de tri sélectif des lycéens, telle la version actuelle de Parcoursup, estime-t-il. Et de conclure : « Il faut que chaque adolescent, dans le respect de son développement et de sa construction identitaire, puisse bâtir son orientation, accompagné de centres d’information et d’orientation confirmés dans leur existence et leurs missions ».

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