HAS : des recommandations pour mieux accompagner les femmes lors d’un accouchement

Santé

La Haute autorité de santé (HAS) vient de publier des recommandations pour aider les professionnels à ajuster leurs interventions aux attentes des femmes dont l’accouchement présente un risque faible.

Chaque année, près de 800 000 naissances ont lieu en France et, pour la majorité des femmes, l’accouchement se déroule sans complication, rappelle la Haute autorité de santé (HAS). Or, la prise en charge des accouchements se caractérise souvent par une forte médicalisation au détriment, parfois, des préférences des femmes et du couple. Face à ce constat, la Haut autorité a publié fin janvier, « pour la première fois », des recommandations pour aider les professionnels de la naissance à ajuster leurs interventions aux attentes des femmes dont l’accouchement présente un risque faible.

L’accouchement est un moment unique dans la vie d’une femme et d’un couple. S’il s’agit d’un acte fréquent pour les professionnels de santé, ceux-ci doivent néanmoins rester vigilants pour garantir la sécurité de la mère et de l’enfant. Ainsi, afin de réduire la mortalité infantile et maternelle, le niveau de médicalisation et de technicisation de l’accouchement s’est considérablement accru, y compris pour la majorité des femmes enceintes dont l’accouchement se déroule sans complication, pointe la HAS. Or les femmes enceintes souhaitent, de plus en plus, bénéficier d’une prise en charge plus respectueuse de la physiologie de la naissance. Le développement d’unités dites « physiologiques » au sein des services de maternité et l’expérimentation en cours de maisons de naissance répondent, en partie, à cette demande. Pour aller plus loin, la Haute autorité de santé formule donc des recommandations destinées à l’ensemble des services de maternité et des professionnels de santé qui y exercent sur l’accompagnement de l’accouchement à bas risque obstétrical. Objectif affiché : « garantir la sécurité de la mère et de l’enfant tout en répondant à la demande des femmes de réduire au minimum nécessaire les interventions médicales ».

Permettre aux femmes d’être actrices de leur accouchement

Pour la HAS, la qualité du dialogue entre les femmes et les professionnels de santé s’avère « primordiale ». Un des principaux objectifs de ses recommandations est de l’instaurer. Il doit permettre aux unes de formuler leurs attentes et aux autres d’y répondre de manière adéquate. En corollaire, la HAS insiste sur les informations à délivrer aux femmes et aux couples : celles-ci doivent être claires et loyales, concerner les différentes étapes de l’accouchement, ainsi que l’ensemble des interventions médicales possibles ou nécessaires durant le travail et l’accouchement.

Comment accompagner et surveiller un accouchement normal ?

Les recommandations de la HAS s’appliquent à toutes les femmes enceintes en bonne santé présentant un faible risque obstétrical pendant leur grossesse et jusqu’à l’accouchement. On parle d’accouchement normal quand celui-ci débute de façon spontanée et ne s’accompagne que de faibles risques identifiés au début du travail, précise-t-elle. La prise en charge et les modalités mises en place par l’équipe de la maternité sont adaptées pour respecter le rythme et la physiologie du travail et de l’accouchement. Pour les femmes ayant fait le choix d’accoucher en unité physiologique ou en maison de naissance, la HAS a indiqué les interventions qui peuvent être incluses ou non dans leur prise en charge.

De manière générale, tant que les risques obstétricaux, réévalués en continu, restent faibles, la HAS recommande de limiter les interventions techniques et médicamenteuses au minimum nécessaire dans le respect du choix des femmes : surveillance continue du rythme cardiaque, prise en charge de la douleur par des interventions non médicamenteuses ou par une analgésie loco-régionale (analgésie péridurale, rachianalgésie, péri-rachi combinée). Il est à noter que certaines interventions, nécessaires à la sécurité de la mère ou de l’enfant, ne permettent plus de considérer l’accouchement comme normal : le déclenchement du travail, une intervention instrumentale (à l’aide de forceps, ventouse…) ou encore une césarienne.

Préférer un accompagnement personnalisé à des pratiques systématiques

Les recommandations de la HAS ont été élaborées dans « une logique pragmatique et chronologique pour mentionner les pratiques qu’il convenait d’appliquer ou de modifier ». Chaque stade du travail est concerné, par exemple : ne pas multiplier les touchers vaginaux, soutenir la femme dans son choix non médicamenteux de prise en charge de la douleur ou la laisser pousser de la manière qui lui semble la plus efficace…

À l’occasion de son travail, la Haute autorité rappelle des recommandations qui valent pour tout type d’accouchement. Ainsi, il est recommandé de ne pas recourir à l’expression abdominale pendant le travail ou l’expulsion. En effet, le vécu traumatique des femmes et de leur entourage et l’existence de complications, rares mais graves, justifient l’abandon de cette technique. Par contre, il est recommandé d’administrer systématiquement de l’oxytocine au moment de l’expulsion, afin de prévenir les hémorragies du post-partum. La HAS préconise également de ne pas réaliser d’épisiotomie systématique, y compris chez la femme qui accouche pour la première fois. « Ce recours doit se fonder sur l’expertise clinique de l’accoucheur », insiste la Haute autorité de santé.

Une fiche mémo pour accueillir le nouveau-né

La HAS propose une fiche mémo complétant le travail sur l’accouchement et s’attache à la prise en charge immédiate du nouveau-né à terme en salle de naissance. L’esprit de cette fiche mémo est le même que celui sur l’accompagnement de l’accouchement à bas risque obstétrical : respect des temps physiologiques de la naissance et bientraitance des parents et de l’enfant. « L’objectif est là aussi d’améliorer et de garantir la qualité et la sécurité des soins qui sont prodigués au nouveau-né tout en laissant davantage de place à la relation mère-enfant », commente-t-elle. La HAS préconise de privilégier le contact précoce entre la mère et l’enfant, dès lors que l’état de santé de ce dernier est jugé satisfaisant. L’institution recommande ainsi de proposer à la mère de placer aussitôt son nouveau-né en peau à peau ou encore d’encourager l’allaitement. Enfin, elle détaille les interventions médicamenteuses et techniques qui doivent être entreprises avec le consentement des parents et en leur présence, quand cela est possible.

Source : « Mieux accompagner les femmes lors d’un accouchement », communiqué de presse, Haute autorité de santé, 25 janvier 2018

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum