Le volet médical du plan stratégique 2015-2019 de l’AP-HP met l’accent sur la « parcimonie » du soin

Santé

HOSPIMEDIA – La CME de l’AP-HP vient de finaliser le projet médical 2015-2019 du futur plan stratégique. Le texte, qui sera acté début juin, pousse à l’efficience par la qualité en augmentant le transfert d’activité vers l’ambulatoire. Une expertise censée repérer les lits en excès est annoncée dans chaque service en 2015 pour les fermer ou les réorienter.

En complément entre autres du livre vert « Une AP-HP unie, ouverte, innovante » mis en concertation publique début avril et du rapport Uzan sur le plan Cancer 3, la Commission médicale d’établissement (CME) de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) vient de finaliser une ébauche du futur projet médical du projet stratégique 2015-2019 du CHU francilien. Ce document compte une petite vingtaine de pages et sera, après échanges ces jours-ci avec la direction générale et le directoire, soumis à l’aval final de la CME le 10 juin(*). Avec douze impératifs à satisfaire (décrisper les coopérations avec les hôpitaux franciliens et les médecins de ville, maîtriser les rivalités internes, rééquilibrer centre et périphérie, préserver une capacité d’investissement…), le projet médical entend clairement bannir tout hospitalo-centrisme pour une « parcimonie » du soin : éviter les hospitalisations inutiles, choisir systématiquement la solution hospitalière la moins coûteuse en préservant la qualité des soins et sortir du « modèle absurde » d’augmentation continue de l’activité.

Aucune spécialité médicale préservée de « l’introspection »

De fait, « l’enjeu commun à toutes les spécialités cliniques est d’accroître le transfert d’activité vers l’ambulatoire, ce qui mène à réduire proportionnellement le nombre de lits d’hospitalisation complète », insiste la communauté médicale : regroupements en centres lourds, partage entre plusieurs services des hôpitaux de jour et consultations, mutualisation de lits de court séjour via des unités médicales polyvalentes, etc. En outre, « pour clarifier globalement la question des lits en excès, une expertise est à mener dans tous les services dont le taux d’occupation des lits est inférieur à 80 %, ou dont la durée moyenne de séjour dépasse de deux jours la moyenne de la spécialité ». Cet audit doit aboutir à fermer des lits ou à les réorienter vers des activités insuffisamment dotées, tel l’accueil des malades venant des urgences. Et la CME est claire : « aucune spécialité médicale ne doit s’exclure de cette introspection », laquelle serait menée courant 2015 pour permettre un travail de réorganisations sur les quatre autres années du plan stratégique.

Rapprochements de certains GH

Sur la gouvernance, le projet médical pousse dans l’ensemble à renforcer la participation des chefs de services dans le fonctionnement des pôles et groupes hospitaliers, de même pour l’encadrement infirmier des services qui « s’est trop longtemps délité ». La construction d’une réelle délégation aux pôles de la gestion quotidienne des activités est aussi hautement prioritaire. La CME n’exclut pas certains rapprochements de groupes hospitaliers (ils sont douze aujourd’hui), notamment au sein des trois facultés de médecine du centre de Paris (Paris 5, 6 et 7).

L’avenir, c’est aussi le sort réservé à l’Hôtel-Dieu, dont le devenir suscite d’incessantes crispations : le projet d’hôpital pluri-universitaire centré sur les soins ambulatoires et l’HAD reste la cible, dès lors qu’il est financièrement équilibré « dans ses investissements et dans son fonctionnement ». À défaut, « il faudra examiner d’autres solutions ».

Enfin, trois autres dossiers hospitaliers sont priorisés : le futur Hôpital Nord (Lariboisière, Bichat et Beaujon), Raymond-Poincaré à Boulogne-Billancourt et Charles-Richet à Villiers-le-Bel.

Six centres renforcés pour les urgences psychiatriques

Par ailleurs, le projet médical réaffirme pêle-mêle l’objectif de : mener à bien d’ici 2019 l’informatisation complète et standardisée des dossiers médicaux (système Orbis) ; garantir l’avenir et la modernisation de l’École de chirurgie ; d’analyser les besoins en SSR gériatriques ; d’appliquer le programme d’humanisation des soins de longue durée (SLD) et de résoudre la question des SLD non gériatriques ; de créer sous le giron des sages-femmes « une filière hospitalière » de la grossesse et de l’accouchement physiologiques ou à faible risque, plutôt que des secteurs physiquement séparés au sein des maternités ; de rénover « impérativement » les maternités de Beaujon, la Pitié-Salpêtrière et Tenon…

Enfin, concernant les urgences, la CME souligne entre autres la nécessité de créer des consultations hospitalières sans rendez-vous, de parfaire l’architecture, les équipements et les effectifs soignants des services, de dédier un nombre suffisant de vacations de bloc opératoire aux urgences et de créer six centres renforcés d’accueil des urgences psychiatriques.

Thomas Quéguiner

(*) Le plan stratégique 2015-2019 de l’AP-HP, qui inclut notamment un projet médical, un projet de soins infirmiers et un projet social, sera soumis pour avis à la CME le 8 juillet, puis deux jours plus tard du conseil de surveillance.

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