Les coopérations entre professionnels de santé déjà expérimentées

Santé

Encouragés par la loi du 21 juillet 2009, médecins, infirmiers, kinésithérapeutes développent, sur des initiatives locales et pour améliorer leur coopération, de nouveaux modes d’intervention auprès des patients. Plusieurs programmes nationaux sont expérimentés.

PRADO

En 2014, 200 000 assurés devraient être concernés par au moins l’un des volets du service d’accompagnement du retour à domicile après une hospitalisation (PRADO) proposé par l’assurance maladie. Destiné dans un premier temps à accompagner les femmes venant d’accoucher, il se déploie aujourd’hui pour certaines interventions orthopédiques (90 000 patients potentiels) et est expérimenté pour les patients qui ont vécu un épisode de décompensation cardiaque afin de diminuer leur taux de ré-hospitalisation ou de mortalité. Dans ces deux derniers cas, le médecin traitant est le pivot de la prise en charge.

L’Assurance Maladie organise les rendez-vous avec les professionnels de santé libéraux choisis par le patient et mobilise les aides sociales éventuellement nécessaires pour faciliter le retour à domicile, anticiper les besoins.

Par exemple pour les jeunes mères, un conseiller dédié de l’Assurance maladie, en lien avec l’hôpital ou la clinique, leur fournit des coordonnées de sages-femmes pour qu’elles soient suivies dès la sortie de la maternité, ainsi que les nouveau-nés. 120 000 femmes ont adhéré au programme depuis son lancement en 2010.

Pour l’orthopédie, le conseiller de l’Assurance maladie présente au patient une liste de kinésithérapeutes et infirmières, informe le médecin traitant et prend les rendez-vous, ce qui permet une prise en charge dès la sortie de l’hôpital, au domicile du patient ou au cabinet du professionnel. Le conseiller appelle le patient le lendemain de la sortie et en fin de programme. Le patient peut aussi bénéficier d’un portage des repas à domicile et d’une aide-ménagère.

PAERPA

Ce programme, dédié aux personnes âgées en risque de perte d’autonomie (PAERPA), est en cours de lancement. Son objectif : faciliter la coordination entre les acteurs médicaux, sociaux et sanitaires du parcours de soin.

« Une personne âgée en perte d’autonomie qui consulte à l’hôpital, va ensuite aller consulter un spécialiste avant de retourner en maison de retraite. Mais aucun lien n’est fait entre ces trois acteurs. Elles n’ont pas de suivi. Il faut plus de coordination entre les différents acteurs », explique Jean-Loup Portal, chargé de communication de l’Asip-Santé, l’agence du ministère qui gère le dossier médical personnel (DMP).

Ce carnet de santé numérique – lancé en 2004 mais encore peu utilisé – constitue le principal outil du Paerpa. Synthèse du médecin traitant, résultats d’analyses, comptes-rendus de soins hospitaliers : ce dossier électronique vise à améliorer la communication entre les professionnels de santé, éviter les examens redondants ou inutiles et donc limiter les dépenses de santé.

L’autre pilier du PAERPA est la messagerie sécurisée de santé, qui permet aux professionnels de santé de partager au quotidien des informations sur un patient. Le PAERPA, expérimenté dans un premier temps dans neuf territoires pilotes (dont des arrondissements parisiens et les Hautes-Pyrénées), va ouvrir à compter de juin l’accès de ce service d’échange aux professionnels sociaux (non-médicaux) comme les maisons de retraites, les kinésithérapeutes.

ENMR

Les Expérimentations de Nouveaux Modes de Rémunération (ENMR) sont destinées aux regroupement pluriprofessionnels en soins de premiers recours, principalement les maisons, pôles et centres de santé.

Il s’agit de financer l’amélioration de l’organisation et de la coordination des soins, de proposer de nouveaux services, comme l’éducation thérapeutique du patient, et de développer la coopération interprofessionnelle.

Copyright © AFP : « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2014

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum