Les dépenses de santé ne devraient pas déraper au-delà du « seuil d’alerte » en 2026, selon des experts

Publié aujourd'hui à 8h50 - par

Les dépenses de santé « risquent » de dépasser en 2026 l’objectif fixé par le Parlement, mais probablement pas au-delà du « seuil d’alerte », estime dans son dernier avis le comité d’experts chargé d’en assurer la surveillance.

Les dépenses de santé ne devraient pas déraper au-delà du « seuil d'alerte » en 2026, selon des experts
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« En l’état des informations connues à ce stade précoce de l’année, le risque d’un dépassement du seuil d’alerte (0,5 % du budget de l’Assurance maladie, près de 1,4 milliard d’euros) paraît devoir être écarté », écrit dans cet avis publié lundi 20 avril 2026 le comité d’alerte sur l’évolution des dépenses de santé.

Il existe toutefois un « risque significatif » de dépassement de l’objectif fixé dans la loi de financement de la Sécurité sociale, qui n’irait pas jusqu’à ce seuil, particulièrement dans le champ des soins de ville, poursuivent les experts, appelant à une « grande vigilance ».

Trois fois par an, cette vigie des dépenses de santé produit une note à destination des autorités. Si elle sonne l’alarme, le gouvernement est tenu de prendre des mesures d’urgence pour corriger le tir avant la fin de l’année.

Un déclenchement de « l’alerte », en juin 2025, avait ainsi conduit à un plan d’économies de 1,7 milliard d’euros. Environ 1,2 milliard « apparaissent avoir été effectivement réalisées », sans compter 95 millions d’euros de « moindres dépenses », via notamment des réductions de dotations aux établissements, observe le comité.

Facteurs de risques de dépassement de l’ONDAM pour 2026

Pour 2026, le comité pointe « de multiples risques de dépassement » de l’objectif, notamment dans le champ des médicaments, honoraires des médecins spécialistes, paramédicaux ou transports sanitaires. L’application de certaines économies prévues, notamment sur les médicaments, « a commencé à prendre du retard », souligne-t-il.

Les prévisions gouvernementales tablaient par ailleurs sur un « ralentissement » du « nombre et de la durée moyenne » des arrêts maladie, « incertain » selon le comité. En outre, « les “tensions inflationnistes liées à la guerre au Moyen-Orient” pourraient provoquer “un relèvement du SMIC” et donc des dépenses d’arrêts maladie. »

L’asymétrie de mise en réserve entre soins de ville et établissements

Contrairement au budget des établissements de santé, celui des soins de ville ne comporte pas d’enveloppe « mise en réserve » pour couvrir un éventuel dépassement des volumes d’activité anticipés, observe le comité, y voyant un « défaut majeur ». Cela conduit régulièrement l’exécutif à mobiliser de l’argent initialement mis en réserve pour les établissements de santé.

Les experts alertent enfin sur le grave déficit des hôpitaux publics, estimé « entre 2,6 et 2,8 milliards d’euros » fin 2025.

En 2025, les hôpitaux ont réglé leurs fournisseurs avec un délai de 71 jours en moyenne, contre 52 en 2019. La guerre pourrait aussi avoir des conséquences sur leurs charges, « difficiles à anticiper », concluent-ils.

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