Les sociétés savantes déplorent la polémique sur les sondes échographiques contaminées

Santé

Plusieurs sociétés savantes se sont inquiétées mardi de la polémique lancée le mois dernier par la députée européenne Michèle Rivasi (EELV) autour de la contamination des sondes échographiques et réclament des « études indépendantes » sur le sujet.

Selon des projections mathématiques citées par Mme Rivasi, plus de 30 000 personnes seraient susceptibles de développer chaque année une infection à la suite d’une contamination contractée avec une sonde d’échographie vaginale ou rectale insuffisamment désinfectée. Les principales contaminations porteraient sur le papillomavirus (HPV) mais également, à un niveau moindre, sur les virus des hépatites B et C, voire sur le virus du sida. Or, « la relance actuelle de cette polémique est une source majeure de préoccupation pour les professionnels que nous sommes, et de grande anxiété chez les patients », relèvent les responsables de neuf sociétés savantes dont la Société française de radiologie (SFR), le Collège des Gynécologues et Obstétriciens français (CNGOF) ou encore l’Association française d’urologie (AFU). Ils rappellent que l’Académie de médecine a validé en 2009 les nouvelles recommandations appliquées depuis 2007 pour décontaminer les sondes après utilisation et qui prévoient deux niveaux de décontamination. Ces recommandations imposent l’utilisation de gaines jetables marquées CE pour recouvrir la sonde et le port de gants. Le premier niveau d’hygiène repose sur une inspection de la sonde et un essuyage soigneux à l’aide de lingettes détergentes-désinfectantes entre deux examens ; le second consiste à tremper la sonde dans un liquide désinfectant pendant plusieurs minutes.

Les sociétés savantes soulignent également que « le processus global de sécurisation de l’examen » doit être réévalué « par des études financées par les pouvoirs publics avec des fonds indépendants d’une société ayant des intérêts dans le domaine de la désinfection des sondes » contrairement à ce qui s’est passé pour deux publications récentes sur le sujet. Elles ajoutent qu’elles vont continuer à « sensibiliser les professionnels sur les risques potentiels des examens endocavitaires » et militer pour que les recommandations actuelles « soient mises en œuvre de façon très stricte ». « En cas de risque avéré sur ces bases scientifiques, nous serons les premiers à exiger sans réserve la modification des recommandations, avec renforcement des procédures » concluent-elles.

Selon les projections mathématiques présentées le mois dernier par le Dr Sandrine Leroy (CHU de Nimes et Montpellier), les sondes d’échographie vaginale-rectale pourraient être à l’origine de 60 cas de VIH, 1 620 cas d’hépatite B, 14 920 cas d’herpès et 14 840 cas de papillomavirus chaque année, alors même que les nouveaux protocoles de décontamination sont appliqués. En 2008-2009, plusieurs associations avaient déjà réclamé que des études soient lancées pour s’assurer que les nouveaux protocoles, moins contraignants que ceux qui existaient avant 2007 ou que ceux prévalant dans des pays comme le Canada, les États-Unis ou la Suisse, ne représentent aucun risque pour les patients.

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