Martin Hirsch présente ses dix leviers d’action pour l’AP-HP en 2014

Santé

HOSPIMEDIA – Les vœux de Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP depuis novembre dernier, étaient attendus. Hôtel-Dieu, codage des actes, accompagnement de l’encadrement… Ce 16 janvier au soir, le nouveau DG du plus gros hôpital d’Europe a détaillé ses priorités pour 2014 avec à terme l’objectif de viser une Assistance publique-hôpitaux du Grand-Paris.

La direction de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) présentait ce 16 janvier ses vœux pour l’année 2014. Une cérémonie sous tension puisqu’à l’entrée des locaux, rue Scipion, étaient également réunis des militants CGT et les associations impliqués dans la défense des urgences de l’Hôtel-Dieu. Si Martin Hirsch, qui a succédé mi-novembre à Mireille Faugère comme Directeur général (DG) du CHU francilien, a écouté quelques instants les prises de parole et s’est entretenu brièvement avec une employée et des usagers, l’arrivée du Pr Loïc Capron, président de la Commission médicale d’établissement (CME), a été sifflée par certains militants. « Nous voici donc avec un nouveau directeur, un Hôtel-Dieu dans le vague et un plan stratégique à rédiger », a résumé Loïc Capron au cours de son discours. Maintenant que la qualité et la sécurité des soins impose l’évolution de l’Hôtel-Dieu vers un nouveau modèle, il a, à demi-mot, confirmé sa volonté de voir évoluer l’établissement vers davantage d’ambulatoire : « Le déficit de la Sécurité sociale va doubler à l’horizon 2019. Nous devons hospitaliser moins mais hospitaliser mieux. »

Un centre de recherche médico-économique à l’Hôtel-Dieu

Plus généralement, Martin Hirsch a présenté les dix leviers sur lesquels il souhaite agir. « Tout d’abord, un budget spécifique sera dégagé dès cette année pour améliorer notre force de frappe en matière de recherche médico-économique. Il n’est pas normal que nos équipes publient dans le Lancet et les meilleures revues médicales, et rarement dans le domaine de l’économie de la santé. Nous devons nous donner les moyens d’avoir un DHU [Département hospitalo-universitaire] ou IHU [Institut-hospitalo-universitaire] dans ce domaine. Et l’Hôtel-Dieu pourrait accueillir ce grand centre de recherche. » Le DG a également évoqué le développement et l’amélioration des systèmes d’information, la modernisation des petits équipements, la poursuite de la restructuration des plateaux de biologie, l’amélioration de la lisibilité de l’offre de soins, grâce à un nouveau site Internet davantage tourné vers les patients… Des indicateurs devraient être mis en place sur le taux d’utilisation des blocs opératoires, des installations radiologiques et des plateaux techniques, afin de comparer et améliorer l’usage qui en est réellement fait.

Un effort particulier sera demandé sur le codage des actes et la facturation. « Nous devons mieux nous faire payer si nous ne voulons pas que la variable d’ajustement soit la masse salariale ou l’équipement médical, a souligné Martin Hirsch. Un codage mal fait ou oublié, ce sont des moyens en moins pour le temps soignant. Et il n’est pas normal qu’il soit aussi difficile de se faire payer (caisse fermée, file d’attente interminable…). À l’arrivée, ce sont des dizaines de milliers d’euros de manque à gagner. » Repoussant tout moratoire sur les restructurations, le DG envisage néanmoins le déploiement d’une politique d’accompagnement de l’encadrement : « Le malaise des cadres est une réalité car c’est vers eux que convergent toutes les tensions. Ils seront ceux vers lesquels convergera notre attention, notre appui, notre soutien ». La formation, l’apprentissage et la promotion professionnelle seront encouragés. La nouvelle direction entend aussi mettre l’accent sur les protocoles de coopération. « Même si nous ne sommes pas seuls décisionnaires en la matière, j’y crois beaucoup, a insisté Martin Hirsch. Ils doivent être une possibilité donnée aux soignants d’exercer davantage de responsabilité tout en restant dans le cœur de leur métier. »

Rapprocher plus fortement Henri-Mondor et le CHI de Créteil

Enfin, à l’occasion de ses vœux, le DG a insisté sur l’importance qu’il y avait à rééquilibrer l’offre de l’AP-HP, autant que de pouvoir mieux coopérer avec les autres acteurs franciliens. « L’AP-HP a besoin d’être ouverte, c’est dans cet esprit que nous concevrons l’Hôpital Nord », a souligné Martin Hirsch. Ces partenariats passent également par l’appui apporté au CHI de Montreuil par les hôpitaux d’Avicenne et Jean Verdier de Bondy, ainsi que le rapprochement entre l’hôpital Louis Mourier de Colombes et le Centre d’accueil et de soins hospitaliers (Cash) de Nanterre. Mais aussi le Service de santé des armées (SSA), a complété l’intéressé, affichant en outre l’objectif « d’aller plus loin dans le rapprochement » entre l’hôpital Henri-Mondor et le CHI de Créteil. Pour matérialiser cette notion de parcours et de filière de soins, Martin Hirsch entend permettre aux partenaires du CHU d’afficher un label AP-HP. Le tout dans l’objectif, in fine, de viser une Assistance publique-hôpitaux du Grand-Paris (APHGP) pour en finir avec les querelles hospitalières franciliennes entre l’intra-muros et l’extra-muros parisien.

Sandra Mignot et Thomas Quéguiner

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L’objectif d’un retour à l’équilibre maintenu pour 2016

À l’occasion de ses vœux, Martin Hirsch a certifié qu’il maintenait et atteindrait l’objectif d’un retour à l’équilibre des comptes de l’AP-HP d’ici 2016. Et ce bien qu’il soit « difficile », le CHU devant supporter dans les années qui viennent la charge des grandes opérations financées par l’emprunt, tout en préparant les projets Nouveau Lariboisière, Hôpital Nord, Renaissance de l’Hôtel-Dieu, Sainte-Périne, Centre Réanimation, blocs opératoires, interventionnel (RBI) d’Henri-Mondor.

Comme notifié au printemps dernier par l’ancienne DG Mireille Faugère, le retour à l’équilibre est attendu en 2015 sur le budget global et l’année suivante pour le Compte de résultat principal (CRP). Le prévisionnel de l’exercice 2013 tablait sur un déficit de 20,2 millions d’euros en global et de 69,9 millions en principal. Selon le nouveau DG, l’activité 2013 devrait s’afficher « bien en-deçà des prévisions d’une croissance de 2 % ».

T.Q.

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