Réorienter des patients des urgences vers la médecine de ville

Santé

Des hôpitaux vont expérimenter un forfait de réorientation des patients aux urgences hospitalières vers une prise en charge en médecine de ville.

À compter du 1er avril 2020, une trentaine d’établissements de santé mettront en place un forfait de réorientation des patients aux urgences hospitalières vers une prise en charge en médecine de ville. Prévue pour une durée de 2 ans, cette expérimentation vise à réduire la fréquentation des urgences pour les cas les plus simples et à permettre aux équipes soignantes de se recentrer sur les cas plus complexes.

Il est également attendu, comme bénéfice secondaire, un approfondissement des relations entre les établissements de santé et les médecins de ville. Menée par le ministère des Solidarités et de la Santé, cette expérimentation nationale relative à la mise en place d’un forfait de réorientation est inscrite à l’article 29 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2019.

Pour répondre à la croissance continue depuis 15 ans de l’activité des services d’urgence – 21 millions de passage ! -, « plutôt que d’opposer médecine d’urgence hospitalière et soins non programmés de ville, l’idée est d’inciter les acteurs à travailler de concert pour proposer au patient un parcours de soin adapté à sa situation », plaide le ministère. En effet, entre un quart et un tiers des patients se présentant aux urgences auraient pu, « sans perte de chance », être pris en charge par des praticiens de ville, rappellent les autorités sanitaires.

Les objectifs poursuivis par l’expérimentation sont les suivants :

  • Atteindre entre 5 et 10 % de patients réorientés par service d’urgence expérimentateur et donc ralentir, à terme, la progression des passages aux urgences ;
  • Atteindre a minima 70 % des consultations de réorientation honorées par les patients ;
  • Vérifier que la mise en place du forfait n’a pas d’incidence sur l’état de santé du patient.

Selon le ministère des Solidarités et de la Santé, les conditions pour que le forfait soit bénéfique pour les patients et les établissements sont de trois ordres :

  • Un flux de passage aux urgences croissant depuis plusieurs années avec des études internes ou régionales qui montrent une proportion conséquente de mésusage du service d’urgence.
  • L’existence entre l’établissement et le tissu de médecine libérale d’un dialogue positif permettant d’envisager une coopération approfondie.
  • Un portage médical et paramédical du projet avec une volonté d’appui et de facilitation de la part de la direction de l’établissement.

Si ces trois conditions sont réunies, l’établissement peut soumettre un projet à l’Agence régionale de santé (ARS) avant le 15 février 2020. Il appartiendra à celle-ci d’évaluer chaque projet et de sélectionner, au plus, trois projets pour le 15 mars 2020. Les 30 établissements retenus au niveau national seront connus pour le 1er avril 2020.

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