Une stratégie pour transformer le système de santé

Santé

Le Premier ministre a présenté, le 13 février, le plan gouvernemental pour transformer l’offre de soins.

« Notre système de santé est un patrimoine que nous partageons collectivement et dont nous pouvons être fiers. Il incarne tous les principes du service public : accessible, non discriminatoire, financé par la solidarité nationale. Il est l’un des piliers de notre République », a déclaré le Premier ministre le 13 février, en détaillant, avec la ministre des Solidarités et de la Santé, le plan gouvernemental pour transformer l’offre de soins en France. Cependant, ce système « est menacé si nous demeurons dans un statu quo ou si nous nous contentons d’ajuster l’existant », a ajouté Édouard Philippe, en le jugeant « insuffisamment préparé à la transformation qu’il vit ». Le Premier ministre veut donc engager « une réforme globale pour adapter notre système de santé ». Le futur système se dessinera autour des cinq chantiers suivants.

Inscrire la qualité et la pertinence des soins au cœur des organisations et des pratiques

La ministre des Solidarités et de la Santé a demandé à la Haute autorité de santé (HAS) de lui proposer, dès cette année, des indicateurs de qualité des parcours qui portent sur les dix pathologies les plus fréquentes (par exemple le diabète ou l’insuffisance rénale). Ces indicateurs seront systématisés durant l’année 2019.

Repenser les modes de rémunération, de financement et de régulation

De nouveaux modes de rémunération, comme des financements à l’épisode de soins ou pour la prise en charge de maladies chroniques, seront expérimentés dès 2018. Dans le même temps, le gouvernement estime « nécessaire de concevoir une réforme en profondeur de la tarification des soins, quel que soit le secteur : ville, hôpital, médico-social ». Aussi, une task-force dédiée à la réforme du financement du système sera créée auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé. D’ici la fin de l’année 2019, cette équipe proposera des modèles de financement nouveaux, « centrés sur les attentes et les intérêts des patients ».

Accélérer le virage numérique

D’ici 2022, le gouvernement fixe trois objectifs stratégiques :

  • L’accessibilité en ligne, pour chaque patient, de l’ensemble de ses données médicales ;
  • La dématérialisation de l’intégralité des prescriptions ;
  • La simplification effective du partage de l’information entre tous les professionnels de santé.

Pour atteindre ces objectifs, une mission « E-santé » sera créée et placée auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn.

Adapter les formations et les ressources humaines aux enjeux du système de santé

En parallèle de la réingénierie de la formation, un « nouveau contrat social » doit être proposé aux agents de la fonction publique hospitalière. Et une réflexion sur les conditions de travail sera engagée, avec notamment la mise en place d’un observatoire national de la qualité de vie au travail des professionnels de santé.

Repenser l’organisation territoriale des soins

Au programme du gouvernement : continuer à structurer les soins de ville, à tisser des liens entre soins de ville et hôpital, à travailler sur la « gradation des soins », lancer des expérimentations territoriales, inciter à la médecine ambulatoire.

Afin de mener à bien ces chantiers, 100 millions d’euros seront dédiés annuellement à l’accompagnement de cette transformation du système de santé, ont annoncé Édouard Philippe et Agnès Buzyn. « Les attentes sont fortes et elles nécessitent d’agir avec méthode et célérité. Elles impliquent aussi d’associer l’ensemble des acteurs à ce plan de transformation », a conclu la ministre des Solidarités et de la Santé. En conséquence, elle va ouvrir une phase de concertation, qui se déroulera de mars à mai 2018. Celle-ci s’achèvera par « la présentation d’une feuille de route détaillée avant l’été ».

Posté le par Rédaction Weka

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