Qualité des soins : la HAS affine ses indicateurs

Santé

La Haute autorité de santé (HAS) vient de publier les résultats nationaux 2018 des indicateurs de qualité et de sécurité des soins.

Chaque année, la Haute autorité de santé (HAS) recueille auprès de l’ensemble des établissements de santé, publics comme privés, des indicateurs de qualité et de sécurité des soins (IQSS), dont l’expérience et la satisfaction des patients. Elle a publié, le 10 décembre, les résultats 2018. Ceux-ci sont restitués aux établissements afin que les professionnels améliorent leurs pratiques.

La plupart est publiée sur le site www.scopesante.fr, pour informer l’ensemble des Français sur la qualité des soins délivrés dans les établissements, indique la HAS. Parmi les nouveautés cette année, figure, pour la première fois, un indicateur mesurant les complications après une chirurgie orthopédique, ainsi qu’un ensemble d’indicateurs sur la chirurgie ambulatoire, modalité d’hospitalisation qui concerne aujourd’hui plus d’un patient sur deux. La HAS définit également ses priorités pour les années à venir.

Les complications après une chirurgie orthopédique

Depuis décembre 2016, la HAS met à disposition des professionnels de santé un indicateur de résultat concernant la sécurité du patient en chirurgie orthopédique. Celui-ci mesure un type de complications pendant le séjour à l’hôpital ou en clinique : les événements thromboemboliques (thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire) qui surviennent après la pose d’une prothèse totale de hanche ou de genou.

En 2018, le taux national de ces événements est de 0,88 % dans la population cible, en diminution de 0.4 point depuis 2016. Parmi les 740 établissements de santé concernés, 47 ont significativement plus de complications qu’ils ne le devraient au regard des caractéristiques des patients pris en charge. La mesure de cet indicateur a permis d’identifier une utilisation non pertinente de l’écho-Doppler, examen d’imagerie médicale qui vise à observer la circulation sanguine et la présence de caillots dans les veines. La réalisation systématique de cet examen n’est pas recommandée en surveillance post-opératoire des patients, notamment car il peut conduire à une prescription de traitements anticoagulants non justifiée et non dénuée de risque, précise la Haute autorité. « Ces résultats montrent que la pertinence des pratiques cliniques peut et doit encore s’améliorer au bénéfice du patient », conclut la HAS.

Des indicateurs complémentaires pour évaluer la chirurgie ambulatoire

La chirurgie ambulatoire est définie comme une chirurgie programmée et réalisée au cours d’une hospitalisation de moins de 12h, sans hébergement de nuit. La HAS a développé des indicateurs de qualité et de sécurité des soins pour évaluer cette modalité de prise en charge, dont le développement est soutenu par les pouvoirs publics. Cette année, elle a étendu la mesure de l’expérience et de la satisfaction des patients (e-Satis) à cette modalité de prise en charge et déployé six indicateurs mesurant les pratiques professionnelles.

Le regard croisé des résultats (évaluation par les patients et par les professionnels) permet à la HAS de tirer quatre enseignements principaux :

  • La prise en charge en chirurgie ambulatoire est jugée correcte par les patients.
  • Ils sont bien informés en amont de l’intervention.
  • Les professionnels rassurent efficacement les patients à chaque étape de leur parcours ambulatoire.
  • L’organisation de la sortie et du retour à domicile doit être améliorée : l’évaluation du patient pour la sortie – qui vérifie que le patient est apte à rentrer chez lui – n’est tracée que dans 77 % des dossiers, observe la HAS. Seule la moitié des patients a été recontactée par l’établissement dans les jours suivants la sortie. De plus, un quart déclare ne pas avoir reçu d’informations sur les signes ou complications devant les conduire à recontacter l’établissement en urgence et deux tiers rapportent qu’ils n’ont pas eu le numéro de téléphone de la personne ou du service à contacter en cas d’urgence.

Ces résultats confortent le constat déjà posé en 2016 avec la mesure d’autres indicateurs. « Des progrès doivent porter sur la lettre de liaison à la sortie : sa remise systématique au patient et la qualité de son contenu doivent s’améliorer. En effet, la sortie est un moment critique qui, si elle est mal organisée, peut conduire à des ruptures dans la continuité des soins et à des ré-hospitalisations évitables », insiste la Haute autorité de santé.

Trois priorités pour les prochaines années

La HAS se fixe trois priorités pour les années à venir en matière de politique d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins pour les patients. À savoir :

  • Elle va renforcer la mesure de la qualité directement auprès des patients et élargir les patients traceurs en visite de certification.
  • La HAS articulera encore plus étroitement ses domaines d’intervention. Ainsi, la prochaine version de la certification, en cours de développement, prendra mieux appui sur les recommandations et intégrera plus systématiquement les résultats des indicateurs.
  • La HAS va concevoir des indicateurs de qualité des parcours. Ceux-ci évalueront la qualité de la prise en charge des personnes atteintes d’une pathologie, quels que soient les lieux de soins et de vie (ville, hôpital, lieu de résidence…). La Haute autorité a démarré avec la bronchopneumopathie chronique obstructive, pathologie pour laquelle existent déjà des recommandations de bonnes pratiques et un guide parcours. Suivront, en 2019, d’autres pathologies à fort enjeu de santé publique : l’obésité, l’insuffisance rénale chronique, l’insuffisance coronaire stable, l’accident vasculaire cérébral…

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