Chaumont cherche à redynamiser ses boutiques en centre-ville

Urbanisme

L’agglomération de Haute-Marne a été la première en France à bénéficier du concours de création d’entreprise « Mon Centre-ville a un incroyable commerce ». Avec pour objectif d’installer durablement des commerçants indépendants et accélérer la redynamisation du centre-ville.

« Venez tester votre projet de commerce ou d’artisanat. Nous allons vous faire gagner six mois en trente-six heures ». C’est la promesse faite aux porteurs de projets qui participent à ce concours, créé en 2018, par le cabinet de conseil Auxilia, en partenariat avec Le Bon Coin, et destiné aux villes du programme « Action cœur de ville ». Il a été expérimenté pour la première fois à Chaumont (52), en novembre 2018. L’objectif ? Placer le commerce et l’artisanat, principalement les activités indépendantes, au cœur du développement économique local.

Le concept est original, comme l’explique Zora Rebouh, du service commerce de l’agglomération. « Chaque porteur de projet dispose de trente-six heures durant lesquelles il présente son projet à une équipe qui l’aidera à affiner la présentation. Puis vient la restitution auprès d’un jury pour l’attribution des prix et la mise en valeur des lauréats ».

Un programme qui favorise donc la rencontre entre ceux qui ont envie d’entreprendre et les acteurs publics et privés du territoire, propriétaires de locaux commerciaux vacants et concitoyens.

Pour Émilie Molin-Remy, manager ville et Territoire : « Le but de l’opération, pour les futurs entrepreneurs, consiste à tester son idée en centre-ville en bénéficiant d’une méthodologie inspirée des start-up et des conseils d’experts locaux : experts-comptables, banquiers, commerçants déjà installés, chambres consulaires, etc. ». S’ils remportent le concours, ils pourront intégrer le local vacant qui leur correspond et tenteront de remporter des mois de loyer gratuits.

« Parmi les treize participants au concours pour la 1re édition, six commerces ont ouvert au centre-ville et deux à quelques rues », explique Arnaud Jacques, responsable des affaires publiques chez Le Bon Coin. Un bilan positif pour l’agglomération qui prévoit de reconduire l’opération au mois de novembre 2019.

Créer le buzz, à travers cette action, autour du commerce en centre-ville, aura permis de fédérer les principaux acteurs du commerce local, les chambres consulaires et l’union des commerçants, sans oublier les propriétaires des locaux commerciaux qui ont, eux aussi, contribué au succès de l’opération.

Les apprentis entrepreneurs ont pu travailler sur leurs projets dans les locaux commerciaux vacants, mis gracieusement à disposition par les propriétaires. Les lycéens ont également apporté leur contribution en concevant des visuels à partir desquels ont été créées des vitrophanies apposées sur les vitrines des magasins vides.

13 % de vacance commerciale

Comme une majorité de villes moyennes, l’agglomération de Chaumont n’échappe pas à la vacance commerciale avec un taux proche de 13 %. Selon Stéphane Boyer, directeur « Cœur de ville », plusieurs raisons pourraient expliquer pourquoi certains locaux commerciaux ne trouvent pas preneur. « Historiquement les cellules du centre-ville sont de petite taille et ne correspondent plus, aujourd’hui, à la demande des commerces. Il y a sans doute d’autres paramètres comme la dynamique de centre-ville en déclin ou encore le niveau des loyers ». Sur ce dernier point, un travail de négociation des prix est mené auprès des propriétaires. Et pour ceux qui préfèrent laisser leurs locaux vides, une taxe sur les friches commerciales est appliquée et commence tout juste à porter ses fruits.

« Nous travaillons aussi avec la Chambre des Métiers sur les boutiques éphémères. Chaque année pendant le mois de décembre, des artisans occupent ces boutiques. Cela crée une émulation pendant les festivités de Noël », ajoute Béatrice Jehle, vice-présidente en charge du commerce à l’agglomération. Il y a également d’autres enjeux sur lesquels la municipalité s’engage à travailler. Avec les commerçants, notamment. « Prenons l’exemple des horaires d’ouverture le week-end, le midi ou encore les offres commerciales ; nous devons améliorer l’articulation entre les politiques publiques et ce qu’ils sont capables de faire en termes d’animation. Généralement les soirées ou les ouvertures exceptionnelles à Chaumont fonctionnent très bien.

Nous devons développer ce type d’animations pour rebooster le commerce », indique le directeur « Cœur de ville ».

Un plan d’action

Des aides aux nouvelles implantations, la mise aux normes et le toilettage des enseignes, mais aussi beaucoup d’accompagnement et de pédagogie sont en cours de validation dans le cadre du projet « Cœur de ville ».

Un travail sera ainsi mené auprès des propriétaires de locaux commerciaux, de sorte à assurer la rentabilité de leurs immeubles. « Nous devons les aider à créer des accès indépendants pour que les étages puissent être loués isolément des boutiques et faire ainsi baisser le prix des loyers en rez-de-chaussée », précise Stéphane Boyer.

Par ailleurs, trois études ont été lancées l’été dernier. La première porte sur la redynamisation des halles du centre-ville, dans son mode de gestion actuel, mais aussi afin de rendre les espaces publics alentours plus agréables. La deuxième étude, porte sur le recours à un urbaniste conseil dès septembre 2019 pour accompagner et aider la ville dans la transformation sur l’espace public. « Pour la dernière étude, nous avons mandaté une enquête pour connaître la réalité du parcours commerçant, affirme Stéphane Boyer. Et peut-être faudra-t-il accepter la mutation de certains linéaires commerçants qui ne peuvent plus exister comme il y a trente ans. Peut-être doivent-ils se transformer pour offrir autre chose, pourquoi pas des espaces de logement plutôt que des commerces ». Les résultats seront connus à la rentrée.

Blandine Klaas

Source : RCL

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