Repenser la place de la voiture en zone rurale et périurbaine

Urbanisme

Impact sur le climat et hausse du prix de l’énergie conduisent à limiter l’usage de la voiture. Le numérique peut améliorer la chaîne de déplacement là où les transports en commun font défaut.

Les habitants des zones rurales et périurbaines (48 % de la population métropolitaine) sont généralement contraints de se déplacer en voiture. Vingt millions de véhicules individuels y circulent chaque jour, qui émettent environ quarante millions de tonnes de CO2. Or, la mobilité conditionne notamment le développement économique local, l’accès des habitants à l’emploi et aux services publics, leur intégration dans la société…

La rareté des transports publics aggrave les inégalités pour les personnes aux revenus limités, âgées ou handicapées… Un rapport du Centre d’analyse stratégique (CAS) émet des préconisations pour limiter cette dépendance à la voiture dans ces secteurs, en particulier grâce aux technologies numériques.
 

Une « ville intelligente »

De nouveaux services de mobilité, alternatifs aux déplacements individuels et complémentaires aux transports en commun, contribueront ainsi à créer une « ville intelligente ». Des centrales d’information et des plates-formes de mobilité, à l’échelon départemental ou régional, pourraient aider les collectivités à proposer de nouveaux services.

Quelques exemples : systèmes d’information en temps réel sur les transports, pour permettre à l’usager d’organiser ses déplacements en combinant marche, deux-roues, voiture personnelle ou partagée… ; développement de réseaux de covoiturage et de voiture partagée et du transport à la demande ; création de services de livraison mutualisée…

Les transports collectifs pourraient être organisés de façon à structurer le territoire : lignes rapides complétées par des correspondances et des parkings d’échanges pour les systèmes de « rabattement » (vélo, voiture…). Il conviendrait aussi d’inciter les professionnels (santé, commerces…) à grouper leur déplacements ou livraisons, et à coordonner ceux des personnes qui leur rendent visite. Ce qui permettrait de limiter les distances parcourues en véhicule motorisé individuel.
 

Les collectivités en première ligne

Selon le rapport du CAS, il faudrait également favoriser les initiatives locales d’expérimentation de nouveaux services de mobilité, imaginées par les entreprises, associations ou territoires…

Les collectivités devront aussi développer leurs propres systèmes d’information numérique, adapter la voirie aux piétons et aux deux-roues ou encore proposer aux usagers une personnalisation de la mobilité.

Pour cela, elles devront étudier les flux de déplacement locaux, en articulation avec ceux des pôles urbains voisins et le schéma de transport départemental, afin de définir des stratégies de mobilité adaptées à leur territoire.

Marie Gasnier

Pour aller plus loin :

« Les nouvelles mobilités dans les territoires périurbains et ruraux« , CAS, février 2012
 

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