Prise en charge de l’autisme : 44 idées pour changer un « système à bout de souffle »

Publié aujourd'hui à 10h15 - par

Face à la « situation intolérable » vécue par les enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme (TSA) en France et leurs familles, une mission parlementaire préconise 44 « recommandations » s’inspirant notamment de programmes fonctionnant à l’étranger, afin de changer un « système à bout de souffle ».

Prise en charge de l'autisme : 44 idées pour changer un « système à bout de souffle »
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La France en retard sur l’autisme : un constat alarmant

« La France accuse un énorme retard par rapport aux pays les plus avancés » en matière de prise en charge des enfants autistes (1 à 2 % de la population), affirme à l’AFP Isabelle Santiago, députée (PS) du Val-de-Marne, et l’une des deux rapporteurs de la mission présentée mercredi 27 mai 2026 à la Délégation aux droits des enfants de l’Assemblée nationale.

La France a été condamnée à plusieurs reprises par le Comité européen des droits sociaux, notamment sur l’accès à l’éducation et à la formation des enfants et jeunes adultes atteints de TSA.

Évoquant une « situation intolérable (…) dans un pays enfermé dans des logiques anciennes de guerre de chapelles et un fonctionnement en silos », la députée explique s’être inspirée de la Belgique et du Canada, où ont été mises en place « des politiques intégrées, au fur et à mesure que la connaissance et la science progressaient » sur l’autisme. Alors qu’en France, ajoute-t-elle, « on accumule depuis des années des plans autisme » (le 5e est en application jusqu’en 2027, ndlr), qui n’apportent pas de résultats suffisants.

« Toutes les familles et les associations, que Philippe Fait (député Horizons du Pas-de-Calais, l’autre rapporteur du texte, ndlr) et moi avons rencontrées, ont créé leur propre structure parce que la France ne savait pas répondre à leur demande », souligne Mme Santiago, pour qui le système actuel est « à bout de souffle ».

« Constat sévère »

La mission, qui a mené une trentaine d’auditions et une dizaine de déplacements, préconise notamment la mise en place d’un « système pilote, à l’échelle des territoires, intégrant l’ensemble des professionnels en un seul lieu » pour éviter aux familles de « se lancer dans un parcours du combattant ». Et ce, « avant même le diagnostic, dès que l’on constate des troubles du développement neurologique : c’est ce que j’appelle le volet “agir tôt” », explique la députée, citant un programme développé au Québec, où « l’enfant est pris en charge avec sa famille et accompagné de ses 18 mois à ses 6 ans ».

Et les résultats sont là, selon elle : « il se crée une société inclusive autour de l’enfant, au lieu que ce soit l’enfant qui doive s’adapter à la société ». Ce qui devra passer nécessairement par une amélioration de la « formation de tous les professionnels qui entourent les enfants pour un meilleur repérage des TSA », conclut-elle.

Contactée par l’AFP, Danièle Langloys, présidente d’Autisme France, qui représente des milliers de familles, estime que la mission dresse « un constat sévère, en décalage complet avec l’autosatisfaction affichée par les ministres successifs » jusqu’alors. Mais, ajoute-t-elle, « honnêtement, les recommandations ne sont pas à la hauteur du constat : les vœux pieux ne font pas une politique ». Ce qui serait positif, selon elle, serait de mettre en place « le contrôle de services largement défaillants, pourtant financés par l’argent du contribuable, et la refonte totale de formations largement gangrenées par la psychanalyse ».

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