Handicap à l’école : les AESH mobilisés pour réclamer un statut et une revalorisation salariale

Publié aujourd'hui à 9h00 - par

Entre 300 et 400 personnes ont manifesté mardi 9 juin 2026 à Paris pour réclamer la création d’un statut de fonctionnaire et une revalorisation salariale des AESH, ces personnels accompagnant les élèves handicapés.

Handicap à l'école : les AESH mobilisés pour réclamer un statut et une revalorisation salariale
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« Un vrai salaire, un vrai statut », « du cash pour les AESH », scandaient les manifestants réunis en début d’après-midi à proximité du ministère de l’Éducation nationale à l’appel d’une intersyndicale (FSU, CGT Éduc’action, Sud Éducation, Unsa, CFDT Éducation, Snalc).

Des rassemblements ont également eu lieu en France : 3,85 % des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) étaient en grève mardi 9 juin 2026, selon le ministère de l’Éducation.

Vers une fonctionnarisation des AESH pour une meilleure reconnaissance ?

« Les AESH sont actuellement mis sur le carreau, et on ne reconnaît toujours pas notre statut, c’est problématique. Pourquoi hiérarchiser les collègues, alors qu’on pourrait tous nous fonctionnariser sans problème ? », a dénoncé Zakya (qui n’a pas voulu donner son nom), 35 ans, AESH dans une école élémentaire du Val-d’Oise.

« Le statut de fonctionnaire nous permettrait de mieux évoluer au niveau des échelons, d’avoir une revalorisation salariale, mais également droit à une formation vraiment adéquate », a estimé Thérèse Esteves, AESH à Dunkerque et représentante UNSA, manifestant à Lille.

Le ministère de l’Éducation travaille à l’avenir des AESH. Au cours d’une première réunion le 20 mai 2026, il a évoqué une « fonctionnarisation » qui concernerait 10 à 20 % des AESH. « Pendant ce temps-là, les 80 % restants resteront dans la précarité », s’insurge Virginie Cassand, représentante AESH au Snes-FSU.

Revendications pour un corps de fonctionnaires de catégorie B

Les organisations réclament la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B pour tous les AESH, un temps complet à 24 heures et une revalorisation salariale « significative ».

Deuxième métier de l’Éducation avec près de 140 000 personnels, les AESH sont majoritairement employés à temps partiel et perçoivent environ 1 030 euros nets par mois, selon un récent rapport sénatorial.

Écartant la création d’un statut de fonctionnaire, le rapport, dans un souci d’économies, plaide pour la généralisation des pôles d’appui à la scolarité (PAS). Mais ces structures dédiées aux élèves en situation de handicap inquiètent les AESH. Certains d’entre eux ont reçu des avenants à leur contrat modifiant leur périmètre d’intervention, avec la mention qu’un refus pourrait entraîner un licenciement, selon la députée LFI Murielle Lepvraud qui a interpellé le ministre à l’Assemblée.

« Il est, dans mon esprit, hors de question de licencier qui que ce soit » pour ce motif, a assuré Édouard Geffray, tout en reconnaissant qu’un tel refus constituait « un risque ».

Un prochain groupe de travail est prévu le 15 juin 2026.

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