Les prochaines étapes de la stratégie nationale en faveur de la santé de l’enfant

Publié aujourd'hui à 12h15 - par

Deux ans après les Assises de la santé de l’enfant, le gouvernement promet d’accélérer la mise en œuvre de ses engagements.

Les prochaines étapes de la stratégie nationale en faveur de la santé de l'enfant
© Par Iryna - stock.adobe.com

« Parce que la santé des enfants est un enjeu majeur pour l’avenir de la Nation », la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a réuni mi-juin 2026 le comité de pilotage des Assises de la santé de l’enfant. Objectifs : dresser le bilan des engagements déjà tenus et présenter les prochaines étapes de la stratégie nationale en faveur de la santé de l’enfant. « La santé des enfants est l’un des investissements les plus précieux que notre pays puisse faire, insiste Stéphanie Rist. Depuis les Assises, nous avons engagé des transformations concrètes en matière de prévention, d’accès aux soins, de santé mentale et de protection de l’enfance. Nous poursuivrons cet effort avec la même détermination, car chaque enfant doit pouvoir grandir, se développer et être soigné dans les meilleures conditions, où qu’il vive sur notre territoire. »

Deux ans après la tenue des Assises, la dynamique engagée produit des résultats concrets, se félicite la ministre. Les travaux conduits avec les professionnels de santé, les associations, les collectivités territoriales, les administrations et les familles ont permis de faire émerger une ambition commune : « faire de la santé de l’enfant une priorité durable de l’action publique, en agissant à la fois sur la prévention, l’accès aux soins, la santé mentale et la protection des enfants les plus vulnérables. »

Mieux prévenir dès la naissance

La prévention constitue le premier levier d’amélioration de la santé des enfants, rappelle Stéphanie Rist.

  • La campagne de protection contre le virus respiratoire syncytial (VRS), responsable de la bronchiolite, a démontré son efficacité, estime le ministère. Lors de la saison 2023-2024, près de 5 80 hospitalisations de nourrissons ont ainsi pu être évitées. La vaccination des femmes enceintes poursuit sa montée en charge avec une augmentation de 44 % du nombre de vaccinations par rapport à la saison précédente, permettant de protéger les nourrissons dès leurs premiers jours de vie.
  • Le gouvernement entend également poursuivre son engagement en faveur de la santé environnementale. Avec le soutien du ministère, le Collège national des sages-femmes de France et ses partenaires lancent la Plateforme numérique en santé périnatale et environnement, destinée à accompagner les professionnels dans la prévention des expositions environnementales de la préconception jusqu’aux 2 ans de l’enfant.
  • Le dépistage néonatal continue de se renforcer, ajoute le ministère. Après l’extension du programme à trois nouvelles maladies en 2025, portant à seize le nombre de pathologies dépistées à la naissance, le gouvernement annonce l’intégration de la biotinidase et de la galactosémie à compter de 2027. Parallèlement, les travaux de modernisation du dépistage de la surdité néonatale se poursuivent, afin de garantir une prise en charge plus homogène sur l’ensemble du territoire.

Enfin, face à la dégradation de plusieurs indicateurs de santé périnatale, une mission nationale sur la santé périnatale et maternelle a été engagée. Ses conclusions donneront lieu, d’ici la fin de l’année, à un plan d’action opérationnel visant à améliorer la qualité des soins, renforcer la prévention et réduire les inégalités territoriales et sociales.

Renforcer l’accès aux soins des enfants partout sur le territoire

Les Assises avaient fixé un objectif ambitieux de renforcement de la démographie pédiatrique. « Les premiers résultats sont au rendez-vous », assure Stéphanie Rist. Entre 2017 et 2025, le nombre de postes ouverts à l’internat de pédiatrie a progressé de 22 %, tandis que les postes ouverts en chirurgie pédiatrique ont augmenté d’un tiers. Dans le même temps, le nombre de pédiatres en exercice a progressé de 14 %.

Afin de mieux reconnaître la spécificité de la prise en charge des enfants à l’hôpital, le gouvernement a mobilisé 27 millions d’euros supplémentaires pour les urgences pédiatriques, avec notamment la création d’un forfait dédié aux nourrissons de moins de 3 mois et d’un supplément spécifique pour les prises en charge pédiatriques. Dans le même temps, le développement de l’hospitalisation à domicile pédiatrique se poursuit.

Faire de la santé mentale des enfants et des adolescents une priorité

La santé mentale des enfants et des adolescents demeure « un enjeu majeur de santé publique ». Les dernières données disponibles sont inquiétantes : plus de 16 % des élèves scolarisés en école élémentaire sont confrontés à des situations de harcèlement et un lycéen sur cinq présente un risque important de dépression. Face à cette réalité, le gouvernement a engagé un renforcement de l’offre de psychiatrie périnatale, de psychiatrie de l’enfant et de psychiatrie de l’adolescent dans l’ensemble des régions. Les Agences régionales de santé (ARS) vont continuer à soutenir les projets territoriaux permettant d’améliorer le repérage précoce, la prévention et l’accès aux soins.

Mieux protéger les enfants les plus vulnérables

Les enfants confiés à la protection de l’enfance et les enfants victimes de violences présentent des besoins de santé particulièrement importants. Pour y répondre, le gouvernement mise, notamment, sur deux outils.

Le parcours coordonné renforcé « Enfance protégée »

Afin de garantir un accès effectif aux soins, le gouvernement déploie le parcours coordonné renforcé « Enfance protégée », issu des expérimentations conduites dans plusieurs territoires. Ce nouveau dispositif doit permettre d’assurer un suivi médical régulier, de faciliter l’accès aux soins spécialisés et de proposer des prises en charge précoces, notamment en santé mentale. Les appels à projets destinés à sélectionner les structures de coordination devaient être lancés à fin du mois de juin, afin de permettre une généralisation opérationnelle du dispositif en 2027.

Les UAPED

Le gouvernement poursuit le déploiement des unités d’accueil pédiatrique enfants en danger (UAPED), auxquelles près de 30 millions d’euros sont consacrés. L’ensemble des départements est désormais couvert. Les crédits nécessaires à la création des dernières unités permettront d’atteindre l’objectif d’une présence dans chaque juridiction, promet le ministère. Les moyens de fonctionnement seront également renforcés, afin d’améliorer l’accompagnement médical, psychologique et judiciaire des enfants victimes de violences et de développer la formation des professionnels au recueil de leur parole.


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