De premières propositions pour améliorer la santé périnatale et maternelle

Publié aujourd'hui à 10h15 - par

Lancée en début d’année par la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, la mission Périnatalité a formulé ses premières recommandations début juillet 2026.

De premières propositions pour améliorer la santé périnatale et maternelle
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Pour tenter de remédier à la dégradation des indicateurs de santé périnatale et maternelle, la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées a initié, au mois de février 2026, une mission Périnatalité. Les quatre experts missionnés – Éliette Bruneau, Pr Loïc Sentilhes, Pr Elsa Kermorvant, Pr Marie-Pierre Bonnet – ont présenté leurs premières propositions à Stéphanie Rist le 1er juillet 2026. Ces premières recommandations sont articulées autour de trois grands axes.

La gouvernance de la politique périnatale

Le premier axe propose de refonder la gouvernance de la politique périnatale, en créant, dès la fin de la mission, une instance nationale de la périnatalité, rassemblant l’ensemble des professionnels, usagers et administrations concernés. La ministre réaffirme, également, la nécessité de disposer d’indicateurs plus fiables dans le champ de la périnatalité et sa volonté de poursuivre les efforts engagés pour renforcer les moyens dédiés à la collecte et à l’analyse de données, notamment via le Système national d’observation obstétrical, périnatal et infantile. Ce registre, dont la construction a démarré en septembre 2025, croisera plusieurs sources et doit permettre une observation exhaustive des parcours de soins de la mère avant la naissance, puis de la mère et de l’enfant jusqu’à ses 3 ans, afin de mieux comprendre la santé périnatale et la santé des mères. Cet outil sera achevé en 2027. Stéphanie Rist souhaite que l’enquête nationale confidentielle sur la mortalité maternelle et l’enquête nationale périnatale effectuée tous les 6 ans puissent être menées en bonne articulation avec la mise en œuvre du registre.

La qualité et la sécurité des soins

Le deuxième axe regroupe les propositions visant à améliorer la qualité et la sécurité des prises en charge des mères et des enfants. Rejoignant l’avis des personnalités qualifiées, la ministre s’engage à réviser les décrets de périnatalité de 1998, en intégrant à cette révision les recommandations qu’émettra fin 2026 la Haute Autorité de santé (HAS) sur les ratios d’effectifs de professionnels de santé dans les services assurant les soins périnataux (gynécologie-obstétrique, réanimation néonatale et néonatologie). L’organisation des soins critiques néonatals devra aussi être mise à niveau, assure Stéphanie Rist. Dans le cadre de la stratégie d’investissement hospitalière sur la période 2026/2025, une enveloppe de 600 millions d’euros sera fléchée sur les enjeux de transition écologique, notamment via le développement de la climatisation, sur les secteurs prioritaires, dont les maternités.

Par ailleurs, la ministre se montre très sensible aux propositions des personnalités qualifiées ayant trait au principe de « Zéro séparation » entre les parents et leur nouveau-né, à toutes les étapes de leur parcours. Les personnalités qualifiées sont aussi encouragées à poursuivre leurs travaux sur le transport néonatal et sur le déploiement de structures mobiles d’urgence et de réanimation (SMUR) néonatales.

L’égalité de l’accès à l’offre de soins

Le troisième axe a pour ambition de garantir un accès plus équitable à l’offre de soins sur l’ensemble du territoire, tout au long du parcours périnatal. Ainsi, la ministre est favorable à la poursuite des travaux des personnalités qualifiées pour améliorer l’accès aux soins quotidiens et programmés, en particulier par le développement des centres périnataux de proximité. Elle souhaite que soit expérimenté le fonctionnement de ces centres sur des horaires élargis, voire 24 h sur 24.

Parallèlement, Stéphanie Rist souhaite que les Agences régionales de santé (ARS) s’assurent que les parcours de pré et de post-partum soient pleinement effectifs et sécurisants pour les femmes, en mobilisant les organisations des soins propres à chaque territoire, qu’il s’agisse notamment des médecins généralistes, des médecins gynécologues, des sages-femmes et des centres de protection maternelle et infantile (PMI), appuyés par les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Elle entend également avancer rapidement sur les mesures spécifiques au repérage, à la prise en charge et au suivi des femmes précaires, notamment via le déploiement des Permanences d’accès aux soins de santé (PASS) mère-enfant. Enfin, la ministre accueille avec une grande bienveillance les travaux des personnalités qualifiées sur l’offre obstétricale. Les quatre experts missionnés avancent l’idée d’un référentiel multicritères et d’une méthode permettant d’analyser et de faire évoluer l’offre de maternités en repartant d’un diagnostic partagé avec tous les acteurs locaux.

Saluées par la ministre pour « leur ambition et leur qualité », ces premières recommandations offrent, selon elle, « une base solide. » Aussi, elle souhaite que les travaux de la mission se poursuivent jusque fin octobre 2026, afin d’approfondir les propositions restant à expertiser, de consolider les évolutions les plus structurantes et de poursuivre la concertation avec l’ensemble des acteurs concernés. « La santé des mères et des enfants constitue une priorité majeure de santé publique. En engageant, dès aujourd’hui, les premières mesures et en préparant les réformes de fond qui permettront de renforcer dans la durée l’organisation des soins périnataux, nous faisons le choix d’une politique fondée sur les données scientifiques, le dialogue avec les professionnels et l’exigence d’égalité d’accès à des soins de qualité sur l’ensemble du territoire », conclut Stéphanie Rist.


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