Internet : le déploiement de la fibre creuse les inégalités et renchérit les tarifs selon l’UFC

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Le déploiement de l’internet très haut débit laisse de côté une part croissante du territoire français et sa mise en œuvre risque de renchérir fortement les tarifs des abonnements, déplore mardi 26 septembre l’UFC-Que Choisir dans une étude.

« Près de 7,5 millions de consommateurs sont privés d’un accès à internet correct, au moins 3 mégabits par seconde, et près de 500 000 d’entre eux n’ont même aucun accès à internet », a détaillé Alain Praud, administrateur national à l’UFC-Que Choisir, lors d’une conférence de presse téléphonique.

L’association de consommateurs relève que les modalités de déploiement du très haut débit renforcent cette fracture numérique puisqu’il s’est concentré dans les zones très denses.

« Le meilleur du très haut débit est accessible pour moins de 1 % des habitants en Creuse ou en Dordogne, alors qu’il l’est pour plus de 90 % des habitants à Paris ou dans les Hauts-de-Seine », explique l’association dans un communiqué.

« Pour ces départements c’est un peu la double peine : moins de services que l’on entend compenser par de l’internet mais de l’internet de mauvaise qualité qui ne permet pas d’accéder convenablement aux services en ligne », a ajouté M. Praud.

Cette fracture n’est pas près de se résorber, selon l’association de consommateurs qui estime que le plan France Très Haut débit, qui promet une couverture totale du territoire pour 2022, ne sera pas tenu et ses objectifs atteints seulement en 2035, au rythme actuel des déploiements.

Pour y remédier, l’UFC-Que Choisir demande donc au gouvernement « d’orienter en priorité ses financements dans les réseaux de l’internet fixe dans les zones aujourd’hui dépourvues d’un internet de qualité ».

L’association craint parallèlement une flambée des tarifs avec la fibre, dont le coût de l’abonnement pourrait être jusqu’à « 33 % plus élevé que les tarifs de base actuels sur l’ADSL », a pour sa part estimé Antoine Autier, responsable adjoint des études pour l’association de consommateurs.

« Il n’existe pas de régulation sur le marché du FttH de gros au même niveau que sur le cuivre, le coût d’accès y est deux fois plus élevé, ce qui empêche aujourd’hui les opérateurs de proposer une offre à moins de 40 euros » sur un marché dominé à plus de 70 % par Orange, a-t-il détaillé.

L’UFC-Que Choisir demande donc à l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep) et au gouvernement de ne pas augmenter les tarifs sur les réseaux cuivrés (ADSL). Cette option est pourtant envisagée pour accélérer la migration des clients de l’ADSL vers la fibre dans les zones où cette dernière est désormais présente.

Le plan public France Très haut débit représente un investissement de 20 milliards d’euros jusqu’en 2020, partagé entre opérateurs privés, collectivités territoriales et État.

Il vise une couverture intégrale du territoire d’ici à 2022, principalement à l’aide de la fibre optique, mais aussi grâce au satellite, à la montée en débit sur le réseau cuivre actuel (ADSL) et à la 4G fixe pour les territoires moins accessibles.

 
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Posté le par Rédaction Weka

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