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Smart city : guidage et contrôle du stationnement intelligents à Sète

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L’État devrait aider le développement des villes intelligentes comme Sète, qui utilise déjà l’analyse des données pour réguler le trafic et guider les automobilistes vers les places de parking libres.

Smart city : guidage et contrôle du stationnement intelligents à Sète

Eau, air, énergie, sécurité, trafic… les territoires intelligents analysent les données pour améliorer la gestion urbaine. Si elle visait à l’origine la gestion globale de grandes villes – Dijon et Angers en sont les pionnières -, la démarche de smart city irrigue aujourd’hui des communes plus modestes. C’est le cas de Sète (Hérault, 45 000 habitants), engagée dans une stratégie de smart city évolutive, qui concernera à long terme de nombreux secteurs de politique urbaine.

Sète applique notamment l’analyse des données à la régulation du stationnement et de la circulation, difficiles dans cette ville portuaire semblable à une île, où se mêlent quais, ports et rues étroites. Une configuration particulièrement compliquée en période touristique. Un dispositif supervise l’ouverture et la fermeture des trois seuls ponts d’accès au centre-ville. Trente capteurs de trafic sont installés sur les principaux axes de circulation, tandis que d’autres gèrent le contrôle des durées de stationnement des places en zone bleue. Quatre panneaux de jalonnement dynamique de parkings informent les automobilistes en temps réel, en fonction des conditions de circulation, pour les orienter vers les places de stationnement disponibles. Résultat : un parking auparavant déserté a retrouvé une fréquentation importante. La commune installera bientôt six autres panneaux. Les automobilistes peuvent aussi utiliser une application mobile de guidage qui signale les conditions de trafic, l’ouverture des ponts et les places disponibles.

Par ailleurs, des passages piétons spécifiques ont été conçus pour la traversée d’un carrefour près de la plage, où se produisaient de nombreux accidents mortels. Ils associent des feux de signalisation comportementaux à des détecteurs de présence de piétons.

Le 4 février 2022, la mission d’appréciation des enjeux liés aux territoires intelligents et au service public connecté de l’Inspection générale de l’administration (IGA) a remis un rapport à la ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales. Les rapporteurs estiment notamment que l’État devrait aider davantage les territoires à développer des services publics locaux numériques. Il pourrait notamment les conseiller sur la cybersécurité, avec l’aide de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi). La smart city peut en effet être la cible de cyberattaques touchant les systèmes d’information et les services urbains connectés. L’appui pourrait aussi être financier, 60 millions d’euros du plan France relance étant réservés pour améliorer la cybersécurité des collectivités (sous forme d’autorisations d’engagement de l’Anssi à utiliser avant mai 2022).

Autre piste : la création par l’État d’un dispositif de partage d’expériences permettant aux collectivités de vérifier si les solutions intelligentes qu’elles envisagent se révèlent efficaces, et la diffusion des bonnes pratiques d’évaluation financière et environnementale des projets.

Le rapport préconise un pilotage étatique plus clair, interministériel, sous l’égide du ministère de Cohésion des territoires et du secrétariat d’État à l’Économie numérique, le secrétariat étant assuré par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), ainsi qu’un appui effectif des services déconcentrés aux projets locaux.

Marie Gasnier