Villes de France publie une étude encourageante sur le développement des smart cities dans les villes moyennes

Administration

En s’appuyant la créativité des habitants pour bâtir une stratégie ville intelligente, les villes moyennes apportent des services adaptés à une meilleure qualité de vie et au développement économique.

Et si la smart city n’était pas réservée aux grandes métropoles ? Dans une étude réalisée avec le cabinet Tactis en juin 2017, Villes de France montre que les villes moyennes, elles aussi, « fourmillent de projets et de stratégies co-construites avec la population », selon les termes de Caroline Cayeux, sa présidente. Car un territoire de taille modérée peut, sans doute mieux qu’une grande ville, « travailler en proximité avec ses administrés et ses entreprises à l’identification des besoins ». À l’écoute de leurs habitants, les territoires périurbains ou ruraux sont capables d’identifier les données qu’il conviendra d’ouvrir ou de capter pour nourrir les systèmes et applications de la ville intelligente. Tandis que les grands territoires feront plutôt l’inverse. Ils s’attacheront d’abord à installer un réseau de capteurs pour recueillir les données et proposer ensuite des services aux usagers. Un exemple : un territoire périurbain ou rural préférera créer un service facilitant l’intermodalité alors qu’une métropole posera des capteurs de trafic et concevra un service d’information de flux de circulation.

Aucun modèle ne définit la ville intelligente : elle diffère dans chaque commune. Mais les nouvelles technologies peuvent apporter des solutions aux enjeux locaux dans tous les domaines : développement durable, économie, éducation, culture, solidarité, transport… Les applications citoyennes web ou mobile, l’open data et le pilotage des infrastructures en sont le pivot. Il faut travailler de façon transversale et collaborer avec des partenaires innovants – du grand groupe industriel à la start-up. Ce qui compte, c’est de libérer la créativité « pour inventer l’économie de demain par une spécialisation intelligente », comme Angoulême qui se développe autour de l’imagerie avec des écoles de BD.

Sous la responsabilité d’un chargé de mission ou d’un comité de pilotage, la stratégie smart city mobilise l’ensemble des directions, qui doivent cesser de fonctionner « en silos ». Mutualiser les infrastructures et le personnel, entre villes et intercommunalité, peut aussi être nécessaire pour réduire les coûts et adopter une approche globale. Pour le moment, ces stratégies globales sont encore rares dans les villes moyennes mais elles adoptent des démarches parfois originales. C’est le cas d’Arras qui mise sur une montée progressive et sur la mobilisation des agents dans les services, qui doivent prévoir un budget dédié à la smart city avant que la ville ne construise un programme articulé.

Pour que les administrés acceptent la smart city, il est impératif de les rassurer en protégeant leurs données personnelles (accès, stockage…) et en faisant de la cybersécurité un élément essentiel de la coproduction de services. En effet, les données et leur valorisation sont centrales pour créer un territoire intelligent. Mais, selon une étude réalisée par Tactis en 2017, seuls 9 % des EPCI et 13 % des villes centres auraient engagé un processus de transformation de leurs systèmes d’information.

De même, si les outils de monitoring urbain restent encore limités dans la majorité des villes, ils devraient se développer rapidement, car ils favorisent l’avancement des projets et améliorent la performance de gestion. Quant aux contraintes budgétaires, les villes moyennes devront les contrebalancer en s’appuyant davantage sur l’innovation et sur l’initiative citoyenne. Elles devront aussi profiter de la proximité « pour libérer les énergies et le potentiel créatif de leur territoire, ce que le numérique devrait accélérer et conforter ».

Martine Courgnaud – Del Ry

Posté le par Martine Courgnaud - Del Ry

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