Nice a présenté sa démarche de smart city lors du 22e festival Fimbacte

Développement durable

Quartiers connectés, applications innovantes, lieux-totems, co-création de solutions… : la métropole niçoise se réindustrialise grâce à une démarche de smart city, génératrice d’emplois non délocalisables.

Coincée entre la mer, la montagne et la frontière italienne, la métropole Nice-Côte-d’Azur (49 communes, 538 555 habitants) représente une sorte de « France à petite échelle », a expliqué Dorothée Lamé-Laroche, sa directrice générale adjointe, le 2 octobre à Paris, lors d’un débat organisé dans le cadre du 22e festival Fimbacte. Comprenant aussi bien des plages que des stations de ski ou des terres agricoles, elle est également soumise à divers risques (inondation, feux de forêt, risque sismique…). Très investie dans une démarche de smart city, la métropole tente de répondre de façon innovante à deux défis importants : la population européenne d’ici trente ans et les risques naturels. Nice, qui a l’ambition de devenir capitale européenne de  l’innovation 2017, a également déposé un dossier pour faire partie des territoires d’innovation de grande ambition du Grand plan d’investissement (GPI).

La démarche de ville intelligente permet à la collectivité de se réindustrialiser autour de l’innovation, en créant des emplois plus difficiles à délocaliser que les emplois industriels, a précisé Dorothée Lamé-Laroche. Ce qui nécessite d’adopter une culture de projet et de réorganiser les modes de travail, davantage intégrés. Les citoyens sont particulièrement impliqués. Incités à donner leur avis sur les politiques publiques, ils testent les innovations au quotidien et participent à un processus de co-création de solutions.

Pour son projet de smart city, la métropole construit des quartiers entiers, avec des bâtiments connectés et multifonctionnels, des réseaux de chaleur, des réseaux électriques intelligents (« smart grids »)… Des lieux « totems » préfigurent la ville de demain ; l’un d’entre eux, inauguré le 16 octobre, abrite des show-rooms d’innovation, un appartement-test de nouvelles solutions, une pépinière d’entreprises, un accélérateur de projets innovants, des services de co-working…

En matière de smart city, si la vision politique est très importante, l’initiative privée est souvent un vecteur de changement fondamental, conseille la DGA de Nice. Mais attention : une collectivité qui veut s’y investir doit bien distinguer ce qui apporte vraiment un nouveau service, comme l’amélioration de la mobilité — fondamentale pour une ville comme Nice — et ce qui relève du gadget. La métropole niçoise se nourrit beaucoup d’échanges avec divers partenaires : start-ups, grands groupes, industriels, universitaires, qui font naître des idées et des projets.

Dans les prochains mois, la métropole pourrait créer une société de valorisation des données et proposer aux entreprises un réseau public de capteurs, sur lequel elles pourraient faire transiter leurs données.
 

Martine Courgnaud – Del Ry

 

Métropollen, Plage connectée, City Opt

À Nice, un réseau recueille les données de millions de capteurs qui mesurent notamment la qualité de l’air, la pollution sonore ou les rayons ultra-violets et reçoit des données provenant des citoyens. La ville peut ainsi proposer des applications comme « Métropollen » qui alerte les personnes allergiques avant les pics de pollen, ou « Plage connectée » qui fournit des informations sur la qualité de l’eau de mer,  indices UV, la présence de méduses… Des familles volontaires ont participé l’an dernier au projet européen City Opt, et testé une application qui les incite à maîtriser leur consommation électrique au moment des pics de consommation.

Posté le par Martine Courgnaud – Del Ry

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