Une méthodologie pour devenir un « smart territoire »

Administration

Pour la Fédération des industriels des réseaux d’initiative publique (Firip), tous les territoires peuvent devenir « intelligents ». Elle a publié fin mai un guide pratique pour aider les collectivités à entreprendre la démarche.

Après les smart cities, ce sont maintenant les territoires intégrant les tissus ruraux qui sont incités à devenir intelligents, en utilisant la masse de données à leur disposition pour créer des services innovants. Dans un guide didactique*, la Fédération des industriels des réseaux d’initiative publique (Firip) propose avec la Caisse des Dépôts une méthodologie pour aider les collectivités de toutes tailles à se lancer. Mais il ne s’agit pas de reproduire les projets « smart city » des grandes villes : « la smart city n’est pas réservée aux grandes villes, de même que le smart territoire n’est pas une adaptation ultérieure des projets actuels de ces mêmes grandes villes, précise la Firip. Les ressources, les priorités de chaque type de territoire sont différentes et le smart territoire constitue un moyen de les valoriser ».

Le guide identifie cinq facteurs de succès. Il faut tout d’abord atteindre une taille critique pour mener à bien le projet de territoire intelligent, afin de réunir des compétences métiers, numériques et de pilotage/coordination, avec une échelle adaptée au territoire. Identifier les partenaires publics et privés à mobiliser au sein d’une structure juridique dédiée (cocontractants de la collectivité, experts, tiers réutilisateurs des données du projet) est le deuxième point à prendre en compte. Il convient également d’associer les citoyens aux démarches : budgets participatifs, coproduction de projets, « living labs »… Il faut ensuite bâtir une infrastructure numérique transversale en mutualisant les capteurs, la connectivité, la collecte et la gestion des données. Enfin, le territoire doit mettre en œuvre une gouvernance de la donnée. La Firip attitre notamment l’attention sur l’importance, pour la collectivité, de conserver la propriété des données nécessaires à l’exploitation du service public, indispensable pour assurer la continuité du service en cas de rupture de contrat.

Le territoire peut trouver de multiples motivations pour entreprendre une démarche smart. De façon assez logique, la collectivité intelligente cherchera à faire des économies en modernisant ses réseaux (eau, électricité, éclairage public…), renforcer l’accessibilité, simplifier les démarches des usagers (applications mobiles, visio-guichets, plateformes mutualisées de démarches administratives en ligne) ou se mettre en conformité avec la réglementation. C’est le cas pour l’ouverture des données (open data) ou la protection des données personnelles, qu’un règlement européen (le RGPD) impose depuis le 22 mai aux collectivités de plus de 3 500 habitants. Mais le territoire peut aussi profiter du renouvellement d’un contrat de concession, à condition que les cahiers des charges intègrent de nouvelles solutions et que la collectivité trouve des partenaires industriels en phase avec ses projets. L’aménagement de nouveaux quartiers, la réhabilitation des centres-villes ou l’activité touristique sont aussi l’occasion de lancer des opérations innovantes (nouveaux services numériques de proximité, performance énergétique, domotique…) qui contribuent à renforcer l’attractivité du territoire.

Créée en 2012 pour accompagner le plan France très haut débit, la Firip a dévoilé mi-juin qu’elle poursuivrait ses activités sous le nom d’InfraNum. Au-delà de soutenir l’aménagement numérique, elle souhaite désormais favoriser le développement des usages sur tous les territoires, en devenant « le partenaire industriel de tous les territoires connectés ou à connecter ».

Marie Gasnier

* Source : Construire son Smart Territoire, Firip, 2018

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