Comment exporter un modèle français de villes intelligentes partagées ?

Administration

Création d’une fondation et d’un label « French Cité », sélection de territoires vitrines, démarche d’open data internationale… : l’adjoint au maire de Lille, Akim Oural, émet vingt préconisations pour essaimer, à l’international, l’expérience de la France dans les villes intelligentes.

Peut-on promouvoir les savoir-faire français en matière de ville intelligente à l’international ? À cette question, Akim Oural, élu à la Métropole européenne de Lille et adjoint au maire de Lille, répond par vingt propositions, dans un rapport remis le 3 juillet à Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Pour en faire la promotion, il faut avant tout que le modèle français de ville intelligente partagée soit reconnu à l’étranger.

Premier pas vers cette reconnaissance : la création d’une fondation française, « French Cité », avec la Caisse des dépôts et l’Agence française de développement (AFD). Chargée de défendre l’identité du citoyen et de faire respecter les droits humains dans la ville intelligente, la fondation accorderait un label aux territoires engagés dans une transformation « intégrée » de la ville intelligente. C’est-à-dire qu’ils devront répondre à un certain nombre de critères sociaux, économiques, démocratiques et environnementaux. Ce label s’appuierait sur un référentiel évolutif, comme l’est la ville intelligente elle-même. Il serait accordé à l’échelon métropolitain, seul apte à supporter les coûts des systèmes technologiques nécessaires. Une fois labellisée, la métropole aura pour rôle de faire essaimer les projets sur la région, en prenant en compte les territoires péri-urbains et ruraux ainsi que les villes moyennes. En effet, « c’est l’alliance de territoires complémentaires qui installera la décentralisation des services numériques », précise le rapport.

Autre proposition d’Akim Oural : identifier trois territoires volontaires pour faire rayonner le modèle français à l’international. Les villes choisies devront accepter de se transformer à long terme selon le modèle français – un choix politique. Une coopération internationale permettra de faire connaître les réalisations partagées entre collectivités de différents continents ; des plateformes labellisées « French Cité » réuniront une ville française de référence en collaboration avec deux collectivités étrangères. Dans ce contexte, chaque collectivité associera au projet le monde économique, des centres de recherche universitaires et des associations. L’approche devra être globale et la démarche transversale : urbanisme, numérique, énergie renouvelable, efficacité énergétique.

Dans ces projets de villes intelligentes partagées, les données des collectivités pourront être mutualisées au sein d’un dispositif d’associations internationales constituées en réseau, autour d’une association comme Open data France. Ce pourrait être également l’occasion d’animer un débat international, illustré par les expériences des villes intelligentes partagées à leurs partenaires internationaux.

Le rapport en ligne sera régulièrement actualisé. C’est le troisième produit par Akim Oural ces quatre dernières années, après « L’innovation au pouvoir » et « La gouvernance des politiques numériques dans les territoires », tous deux remis en 2015.

Marie Gasnier

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