Éviter de collecter les DEEE avec les encombrants

Développement durable

La collecte des déchets électriques et électroniques progresse peu. Éco-systèmes annonce un plan d’actions et encouragera les communes à ne plus collecter ces déchets en même temps que les encombrants.

Chaque année, les Français achètent en moyenne l’équivalent de 23 kg d’appareils électriques* et se séparent en moyenne de 20 kg (entre 17 et 23 kg par habitant). Or, ils recyclent seulement 7 kg. Éco-systèmes, chargé de la collecte des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), souhaite doubler les volumes de collecte d’ici cinq ans, conformément aux objectifs européens : 10 kg en 2016 et 15 kg en 2019.

En 2013, l’éco-organisme a récupéré et recyclé plus de 341 000 tonnes de DEEE, et la collecte a progressé de 2,1 % par rapport à 2012. Un signe positif et encourageant, selon Christian Brabant, directeur général d’Éco-systèmes.

Les consommateurs déposent davantage de petit électroménager (sèche-cheveux, téléphone, jouets, outils, imprimantes…) qu’auparavant, et ils sont plus sensibles aux actions d’information et connaissent mieux les points de collecte mis à leur disposition. Ainsi, en 2013, le dépôt des petits appareils a beaucoup progressé, pour atteindre 8,5 % ; les collectes de gros appareils de froid (4,2 %) et « hors-froid » (3,3 %) étaient également en hausse.
 

4 kg sur le trottoir

Toutefois, l’action des consommateurs, seule, ne suffira pas pour atteindre l’objectif de doublement de récupération-recyclage des DEEE.

Éco-systèmes invite donc les collectivités à limiter la collecte d’objets encombrants dans la rue, qui encourage la récupération sauvage. Avant le passage de la benne, les DEEE déposés sur les trottoirs sont désossés par des personnes qui en extraient les métaux précieux, mais ils ne sont ni dépollués, ni recyclés selon les normes environnementales. Chaque année, un habitant abandonne ainsi 4 kg d’appareils sur le trottoir.

Autre mesure qui permettrait de limiter la dépose de ce type de déchets avec les encombrants : multiplier les points collecte dans les grandes villes, sept fois moins dotées que les zones rurales.

À côté des collectivités, des distributeurs et des entreprises de l’économie sociale et solidaire, de nouveaux canaux de collecte devraient être développés. Les artisans (électriciens, chauffagistes, cuisinistes…) qui interviennent chez les particuliers n’ont souvent pas accès aux déchèteries et déposent alors les anciens appareils chez des récupérateurs de métaux. Ils pourront bientôt s’adresser à un réseau de récupérateurs « agréés » points d’apport par Éco-systèmes.

D’ici 2016, l’éco-organisme espère signer une convention et former à un protocole qualité près de 350 récupérateurs de métaux (sur 2 000) et 54 opérateurs de broyage. En outre, la sensibilisation des citoyens sur le service des 5 500 « meubles verts » sera renforcée. L’enjeu : recycler les appareils électriques encore jetés dans les ordures ménagères, soit 1 kg par an et par personne.

Martine Courgnaud – Del Ry

* Étude gisement OCAD3E 1 Ademe

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