France : l’usage des pesticides a augmenté de 12 % entre 2014 et 2016

Développement durable

Malgré le lancement de deux plans Écophyto depuis 2008 pour réduire l’usage des produits phytosanitaires en agriculture, l’utilisation des pesticides a globalement augmenté de 12 % entre 2014 et 2016 poussant le gouvernement à renforcer ces mesures, dans le sillage des États généraux de l’Alimentation.

« L’indicateur NODU (nombre de doses unités) qui est utilisé pour mesurer l’utilisation des produits phytopharmaceutiques, a augmenté de plus de 12 % en valeur entre 2014 et 2016 avec une légère baisse en 2015 et une stabilité en 2016 », indiquent dans un communiqué* commun les ministères de l’Agriculture, de la Santé, de la Recherche et de la Transition écologique.

Le recours aux pesticides avait augmenté de 9,4 % de 2013 à 2014.

Les quatre ministres réunis dans le Comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) vendredi 27 juillet au matin ont affirmé vouloir « donner une nouvelle impulsion au plan Écophyto et mettre en œuvre des actions complémentaires à celles déjà engagées ».

Écophyto II+ devra ainsi intégrer le plan d’action sur les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides** qu’ils ont présenté le 25 avril et le plan d’action de sortie en trois ans du glyphosate*** présenté le 22 juin.

Le plan Écophyto II+ sera soumis à la consultation publique à l’automne prochain et publié avant fin 2018, selon le communiqué.

Concernant le financement, les ministres n’ont pas prévu de fonds supplémentaires à part les 71 millions d’euros de crédits publics budgétés chaque année, et comptent « mobiliser les outils du grand plan d’investissement pour accompagner les priorités d’Écophyto II+ ».

Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a toutefois annoncé jeudi 26 juillet une enveloppe de 2 millions d’euros supplémentaires afin de multiplier par 10 le nombre de fermes expérimentales Dephy, qui devrait passer de 3 000 à 30 000 d’ici à 2021.

Le premier syndicat agricole, la FNSEA, qui a sorti avec 39 autres organisations un Contrat de solutions avec un certain nombre de pratiques favorables par la réduction de l’usage, des risques et des impacts des pesticides, attendait que les pouvoirs publics s’engagent financièrement à leurs côtés. Mais après la réunion du COS, « nous sommes toujours dans l’attente d’un engagement du gouvernement, a indiqué à l’AFP Éric Thirouin, Secrétaire général adjoint de la FNSEA.

Il indique toutefois que ce Contrat de solution « est soutenu moralement par les quatre ministères et a été accueilli avec enthousiasme par Nicolas Hulot ».

Pour l’association France Nature Environnement, « c’est un constat d’échec : les plans Écophyto successifs lancés depuis 2008, dont l’objectif initial était de réduire de 50 % l’usage des pesticides pour 2018, se sont avérés inefficaces ».

« L’outil Écophyto est intéressant mais la sortie des pesticides ne se fera pas sans l’activation d’autres leviers économiques et réglementaires nécessaires pour obtenir une mobilisation de l’ensemble de la profession », a souligné Claudine Joly, chargée des questions pesticides à FNE, citée dans le communiqué.

« Le plan n’est pas assez musclé, en l’état, il n’est pas assez ambitieux pour atteindre les objectifs qui sont toujours de diminuer de 50 % » les pesticides d’ici 2025, a pour sa part déclaré François Veillerette, président de l’ONG Générations futures, à l’AFP.

Pour lui, s’il y a effectivement un certain nombre de bonnes mesures techniques : bio-contrôle, optimisation technique du matériel…), « là où il y a un manque c’est sur la vision du changement de système. Si on veut vraiment réduire l’utilisation des pesticides il faut vraiment mettre en avant des systèmes en rupture, dits de production intégrée ».

Sources :

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