« Écophyto » : de nouveaux objectifs pour les pesticides

Développement durable

Lourdeur, indicateurs élaborés tardivement, rare implication des régions, difficultés de coordination… Le plan « Écophyto » de 2008 peine à réduire les pesticides. Un nouveau plan sera élaboré prochainement.

Engagé à la suite du Grenelle de l’environnement, en 2008, le plan « Écophyto » avait pour ambition de réduire l’usage des produits phytosanitaires de moitié en 2018 dans les espaces agricoles et les aménagements urbains. Bonnes pratiques économes en pesticides, usages alternatifs et procédés innovants scientifiques et technologiques devaient ainsi permettre de limiter les impacts sur la santé et l’environnement : qualité de l’eau, contamination de l’air et des sols.

Or, malgré une prise de conscience et certaines avancées (sensibilisation, culture commune, boîte à outils, expérimentation), les résultats du premier plan « Écophyto » ne sont pas à la hauteur des attentes, estime Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle, chargé en juin 2014 d’une mission d’étude sur l’application du plan*.

Et, loin de diminuer, la consommation de produits phytosanitaires a au contraire augmenté (+ 5 % entre 2009 et 2013 et + 9 % en 2013), selon le ministère de l’Agriculture.

Dans son rapport, Dominique Potier émet soixante-huit recommandations pour élaborer une nouvelle version de ce plan. Il propose de « maintenir le cap » d’une réduction de moitié des produits phytosanitaires, mais de scinder les efforts, avec un objectif de – 25 % en 2020 et de – 50 % en 2025.

La région pourrait devenir l’échelon « d’orientation et de mise en œuvre renforcée » du plan, en l’intégrant notamment à ses stratégies et plans d’action : climat, air, énergie, santé-environnement…

À la suite de ce bilan, le Premier ministre a demandé aux ministres de l’Écologie et de l’Agriculture d’engager un nouveau plan de réduction de l’utilisation des pesticides.

Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, a présenté le 2 février une nouvelle méthode, fondée sur la recherche et l’innovation, de réduction de moitié des pesticides repoussant l’objectif de 2018 à 2025, avec un palier intermédiaire du quart en 2020.

Marie Gasnier

 

* Source : « Pesticides et agroécologie – Les champs du possible », rapport de Dominique Potier, novembre 2014

 

En 2009, 60 % des villes de plus de 50 000 habitants étaient engagées dans des chartes « zéro phyto ».

Les actions sur les pesticides s’articulent avec une directive européenne de 2009 et avec la « loi Labbé » du 6 février 2014, qui interdit aux collectivités d’utiliser des produits chimiques dans les espaces verts, les forêts ou les promenades accessibles au public à partir de 2020.

Un amendement, introduit dans la loi de transition énergétique par la ministre de l’Écologie, devrait avancer son application dès 2017. La voirie urbaine, les cimetières et les terrains de sport sont toutefois exclus.

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