Les Outre-mer utilisent davantage de pesticides, à cause du climat et des insectes

Développement durable

L’utilisation des pesticides est « 3 à 4 fois plus fréquente » dans les Outre-mer qu’en métropole, essentiellement à cause de la prolifération d’insectes due au climat tropical, selon un rapport de l’agence sanitaire Anses publié lundi 28 juin 2021.

« Comme en métropole, l’utilisation des pesticides à domicile est très répandue » en Guadeloupe, à la Martinique et à la Réunion, les trois départements et régions d’Outre-mer (Drom) étudiés par l’Anses.

C’est particulièrement vrai en Guadeloupe, où « 94,8 % des ménages ont utilisé des pesticides au moins une fois dans l’année ». Cette proportion est de 70,1 % à La Réunion et 58,3 % en Martinique, poursuit l’Anses, selon laquelle « les produits sous forme d’aérosols ou de sprays sont les produits les plus fréquemment employés ».

« Le climat tropical favorise la prolifération d’insectes comme les moustiques, cafards et fourmis. Ces derniers apparaissent donc comme la principale cible des traitements », souligne l’agence sanitaire.

« L’utilisation des produits pesticides tous usages confondus est ainsi 3 à 4 fois plus fréquente qu’en métropole », écrit-elle dans le résumé de son rapport.

Pour autant, « une comparaison directe des résultats entre la métropole et les îles est peu pertinente », justement car les conditions climatiques et la prolifération d’insectes y sont très différentes.

Le rapport de lundi est le volet consacré aux Outre-mer d’une enquête baptisée Pesti’home, dont les conclusions pour la métropole avaient été publiées en 2019.

Elle montrait que 75 % des 1 500 ménages de l’enquête métropolitaine avaient utilisé au moins un pesticide dans les 12 mois précédents, qu’il s’agisse de produits pour les plantes, contre les insectes, les rongeurs ou les parasites type puces ou poux.

Le volet Outre-mer a été réalisé auprès de 608 ménages des Antilles et de La Réunion en 2015 (le délai entre la réalisation et la publication de ce genre d’enquête scientifique est souvent très long).

Il révèle que « la part des très forts utilisateurs, c’est-à-dire ceux utilisant des pesticides plus de deux fois par semaine au moins, représente près de 1/3 des ménages à La Réunion, 1/4 en Guadeloupe, et 1/5 en Martinique ».

Enfin, comme en métropole, les ménages en Outre-mer stockent des produits achetés il y a longtemps mais aujourd’hui interdits. C’est particulièrement vrai pour les pesticides destinés aux plantes, « dont l’achat peut parfois remonter à 10 ans ou plus ».

« Au moment de l’enquête, près de 24 % des produits stockés chez les ménages en Guadeloupe, 27 % en Martinique et 20 % à La Réunion, étaient interdits à la vente », selon le rapport.

En outre, « en Guadeloupe et en Martinique, près de 80 % des produits non utilisés et périmés sont jetés à la poubelle au lieu d’être apportés en déchetterie. Sur l’île de La Réunion, ce chiffre atteint 60 % ».

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