Près de 18 000 zones délaissées et parkings pourraient accueillir des panneaux solaires, selon l’Ademe

Développement durable

Les collectivités peuvent s’appuyer sur une étude de l’Ademe pour développer des projets d’installations photovoltaïques. L’Agence a recensé près de 18 000 sites propices sur tout le territoire : zones délaissées et parkings notamment.

Friches industrielles, tertiaires ou commerciales, sites délaissés et pollués ou encore parkings représentent autant de zones où placer des panneaux solaires. C’est ce que montre une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) qui, sur 300 973 sites initialement recensés, en a répertorié 17 764 aptes à accueillir une centrale photovoltaïque. En effet, tous ces espaces ne seraient pas utilisables, certains faisant l’objet de contraintes considérées comme « rédhibitoires » ou « handicap lourd ». Ce qui peut être le cas lorsqu’ils sont situés dans des espaces protégés au titre de l’environnement (zone humide, parc naturel, Natura 2000, réserve naturelle ou biologique…), s’ils sont soumis à un plan de prévention des risques d’inondation (PPRI), ou encore appartiennent au Conservatoire du littoral. Seuls 18 % des sites ne présentent aucune contrainte handicapante, précise l’Ademe qui cite la proximité d’un monument historique ou celle d’un aérodrome comme étant les deux plus fréquentes.

Il s’agit là d’un gisement potentiel très important, que l’Agence évalue à 53 GWc (giga Watt-crête), alors que la puissance totale photovoltaïque installée en France ne s’élevait qu’à 9 GWc en 2018. Les deux tiers de ce gisement concernent les zones délaissées, en majorité les anciens dépôts d’hydrocarbures (un peu moins de 23 %), ainsi que les anciens sites d’activités de commerce, d’artisanat et d’industrie mécanique (garages, ateliers mécaniques, épavistes, forges…) et les anciens sites de stockage de déchets. Les parkings, quant à eux, représentent un tiers du gisement. Toutefois, en raison de leur surface moyenne, leur puissance installée potentielle n’atteindrait que 7 % (4 GWc).

Si tous les départements disposent de tels espaces favorables à l’énergie solaire, certains présentent davantage de possibilités, parce qu’ils sont à proximité de grandes zones urbaines, comme l’Île-de-France ou la Gironde, ou appartiennent à d’anciennes régions industrielles (dans le Nord et l’Est). Les dix départements les mieux lotis peuvent espérer une puissance potentielle moyenne de 2,5 GWc : Bas-Rhin, Doubs, Gironde, Haute-Savoie, Jura, Landes, Meurthe-et-Moselle, Moselle, Seine-et-Marne, Vosges.

Toutefois, passer du recensement des sites à la réalisation de projets demandera des études plus approfondies. L’Ademe précise en effet que sa méthodologie peut avoir sous-estimé ou surestimé le potentiel – en particulier parce que certaines données n’ont pas pu être prises en compte. En outre, pour ce qui est des zones délaissées, les surcoûts nécessaires à la mise en sécurité ou à la réhabilitation pourraient être importants, jusqu’à empêcher la réalisation des projets. À l’inverse d’autres opportunités d’aménagement sont probablement envisageables en fonction du contexte local. C’est pourquoi l’étude devra être complétée par une analyse plus fine des caractéristiques des sites, à l’échelon départemental notamment. Une nouvelle étude pourrait concerner l’identification de nouveaux gisements solaires : autres sites délaissés, zones naturelles, plans d’eaux, toitures…

Marie Gasnier

Source : Évaluation du gisement relatif aux zones délaissées et artificialisées propices à l’implantation de centrales photovoltaïques, Ademe, avril 2019

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