« Ne frappez pas » : lancement d’un numéro national pour les auteurs de violences conjugales

Droit des femmes

Un numéro national dédié à l’écoute des auteurs de violences a été lancé lundi 6 avril 2020 dans le but d’éviter que les tensions au sein du couple ou de la famille ne s’aggravent pendant la période du confinement, a annoncé sur Twitter Marlène Schiappa.

« Le numéro de prévention des #ViolencesConjugales ouvre aujourd’hui. Préservez votre famille des violences : faites-vous accompagner au 08 019 019 11 », a tweeté la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes.

Mme Schiappa avait annoncé la création de ce numéro, premier dédié aux hommes violents, dans une interview accordée jeudi 2 avril 2020 au journal Ouest France.

« Le confinement vient percuter l’histoire familiale et personnelle de chacun. Cette situation crée parfois de l’anxiété, il y a moins d’exutoires et de soupapes de décompression, et ce, alors que dans les familles, l’école à la maison peut parfois exacerber les tensions », avait-elle déclaré, estimant qu’il n’y « a pas de honte à téléphoner ».

Cette ligne, financée par la Délégation aux Droits des femmes et gérée par la Fédération nationale d’accompagnement des auteurs de violences (Fnacav), est ouverte du lundi au dimanche de 9 h à 19 h.

Pendant la période de confinement, 22 intervenants, psychologues ou spécialistes de la prise en charge des auteurs de violences, vont se succéder pour proposer une écoute et mettre en lien les appelants avec l’une des 36 structures adhérentes de la Fnacav.

Ils pourront recevoir jusqu’à trois appels en simultané.

« L’objectif est de permettre à des gens au bord de la violence, ou déjà dedans, d’appeler pour trouver une écoute et commencer un travail », a expliqué à l’AFP Alain Legrand, président de la Fnacav, enjoignant à « appeler avant de frapper ».

Des solutions d’hébergement temporaire, dans des centres ou bien en chambre d’hôtel, pourront aussi être proposées selon les situations.

« La prise en charge d’hommes qui se sentent au bord du passage à l’acte évite bien des cas et des récidives. Certains sont sortis de la violence, d’autres arrivent à prendre de la distance, même si, bien sûr, pour d’autres rien ne fonctionne », a poursuivi M. Legrand, qui assurait jusqu’à présent seul une permanence téléphonique de la fédération et recevait 4 à 5 appels de conjoint violent par semaine.

Chaque année, plus de 210 000 femmes sont victimes de violences conjugales et moins d’une sur cinq dépose plainte.

En 2018, 18 591 personnes ont été condamnées pour des violences sur leur partenaire ou ex-partenaire, dont 96 % sont des hommes.

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