Violences conjugales : sortir du « huis-clos familial »

Droit des femmes

Les parlementaires veulent renforcer la protection des victimes de violences conjugales.

Mercredi 29 janvier 2020 en fin d’après-midi, les députés ont adopté, en première lecture, la proposition de loi visant à protéger les victimes de violences conjugales. Le texte a été transmis au Sénat dès le lendemain. Présentée comme le fruit des travaux du Grenelle des violences conjugales, cette proposition de loi a pour objectif de sortir du « huis-clos familial » dans lequel ces violences interviennent.

À cet effet, le texte préconise de suspendre le droit de visite et d’hébergement dans le cadre du contrôle judiciaire, afin que « les enfants ne puissent devenir un instrument aux mains de l’agresseur pour assurer sa mainmise sur la cellule familiale ». Ayant été préalablement introduite par la loi du 28 décembre 2019, cette disposition a finalement été retirée du texte par les députés.

Par ailleurs, pour satisfaire une revendication des associations de victimes, la proposition de loi prévoit d’interdire la procédure de médiation, tant pénale que civile (dans les cas de divorce notamment), en cas de violences conjugales. De même, le texte décharge de l’obligation alimentaire les enfants dont l’un des parents a commis un crime contre l’autre parent. Il s’agit d’empêcher que les enfants soient dans l’obligation de subvenir aux besoins du parent qui a attenté à la vie de l’autre parent, précisent les parlementaires.

Il prévoit également la levée du secret médical en cas de violences conjugales. Les personnels de santé seront autorisés à porter à la connaissance du procureur de la République leur conviction qu’une personne serait en danger immédiat du fait de violences ou d’emprise au sein du couple. Ils devront s’efforcer d’obtenir l’accord de la victime et, à défaut, l’informer du signalement, stipule la proposition de loi. Le texte introduit une nouvelle incrimination pénale, punissant de dix années d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende le harcèlement par conjoint conduisant la victime au suicide. Enfin, les officiers de police judiciaire seront autorisés à saisir les armes au domicile dans une enquête pour violences.

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