Comment améliorer la situation de l’éducation en France ? (2/2)

Éducation

Après avoir examiné l’état des lieux présenté par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (France Stratégie) dans son document « Quelle France dans dix ans ? », explorons les pistes proposées pour faire évoluer favorablement la situation en matière d’éducation.

Pour France Stratégie, « l’échec scolaire est un dysfonctionnement majeur de notre modèle d’égalité républicaine. C’est aussi un handicap économique pour la nation ». L’organisme se propose de se fixer une ambition pour les dix ans qui viennent : diviser par trois la proportion des élèves sortant du primaire sans maîtriser la langue française (20 % aujourd’hui), et réduire d’un tiers la proportion des élèves ne maîtrisant pas les principaux éléments scientifiques (29 % aujourd’hui).

L’éducation, comme les autres services publics en France, doit passer par une  « redéfinition » de sa mission. Pour France Stratégie, la mutation à opérer est impérieuse pour répondre bien davantage à la disparité des situations et des enjeux, et « passer d’une obligation de moyens à une obligation de résultats ». Se pose ainsi la question de la véritable égalité, non pas celle qui transparaît à travers une approche uniforme (la même pour tous) que ce soit en termes de moyens, d’effectifs mais aussi de modalités de travail. Il s’agit plutôt de « garantir à tous les citoyens un égal accès aux biens essentiels » ; l’éducation en est un.

Dans un premier temps, France Stratégie appelle à agir en amont même de l’école, afin que l’entrée dans la scolarité ne soit pas, pour certains enfants, « la première étape d’un parcours d’obstacles au long duquel ils vont sans cesse trébucher », d’où sa proposition d’investir dans la socialisation et l’accueil du jeune enfant. Comment ? En garantissant, d’ici dix ans, pour tous les enfants de 6 mois à 3 ans, l’accès à un mode de garde (collectif ou individuel). Cela nécessite un accueil de qualité (impliquant de penser la formation et la professionnalisation des personnels) ainsi que la recherche d’une continuité éducative avec l’école pour que le parcours d’apprentissage de l’enfant soit cohérent. Certes cela a un coût mais pour France Stratégie, « c’est un domaine dans lequel il ne faut pas hésiter à investir des ressources publiques ».

Dans un deuxième temps, France Stratégie propose de « réduire la fracture éducative » en investissant en quantité et qualité sur le primaire. Si effort quantitatif il doit y avoir, cela devra s’accompagner « d’une amélioration qualitative de la capacité du système scolaire à réduire l’influence de l’origine sociale sur la réussite scolaire ». Comment ? En renforçant la formation des enseignants et « la valorisation de leur travail », ainsi que par la différenciation et l’expérimentation en matière d’organisation et de pédagogie, pour assurer une meilleure adéquation entre les moyens déployés et les besoins du terrain.

Pour France Stratégie, il faut également des mesures incitatives plus fortes en direction des enseignants expérimentés pour qu’ils interviennent dans les établissements difficiles. Du côté des chefs d’établissement, on plaide pour davantage d’autonomie et de responsabilités afin d’adapter les moyens et les modes d’organisation selon leurs besoins.

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