De nouvelles préconisations pour l’éducation prioritaire

Éducation

Un élève sur cinq est concerné par l’éducation prioritaire. Celle-ci est désormais dispensée selon deux niveaux d’intervention, comportant des critères sociaux et géographiques.

Début juin, le ministre de l’Éducation nationale adressait une circulaire1) aux recteurs, inspecteurs d’académie et directeurs académiques. Objectifs : prendre en compte des critères sociaux et géographiques dans l’octroi de moyens d’éducation prioritaire, et moduler ces allocations en fonction des différences de situations sociales entre les établissements. Ainsi, la politique d’éducation prioritaire distinguera désormais deux niveaux d’intervention :

  • 731 « Rep » regroupant les collèges et les écoles aux difficultés sociales plus importantes
  • et 350 « Rep+ » concernant les quartiers ou les secteurs isolés qui concentrent le plus de difficultés sur le territoire. Le nombre total de réseaux en éducation prioritaire reste donc inchangé (1 081), mais ces nouveaux dispositifs, testés dans 102 « Rep+ » dès la rentrée prochaine, remplaceront les dispositifs « Éclair » et « RRS » à la rentrée 2015.

Les moyens alloués aux établissements hors éducation prioritaire le seront en fonction de la difficulté sociale. Ainsi un établissement ou une école qui accueille une population partiellement défavorisée doit être proportionnellement mieux doté que ceux qui accueillent une population presque exclusivement favorisée.

Une liste révisée tous les quatre ans

C’est aux recteurs d’identifier les collèges et les écoles des réseaux de l’éducation prioritaire, en fonction d’indicateurs nationaux de difficulté sociale. La plupart des futurs réseaux « Rep » et « Rep+ » de la rentrée 2015 font déjà partie de l’éducation prioritaire. La liste des réseaux, arrêtée par le ministre de l’Éducation nationale, est révisée tous les quatre ans.

Annexé à la circulaire, un référentiel émet certaines préconisations prioritaires pour les 102 « Rep+ » pilotes de la rentrée 2014 : « plus de maîtres que de classe », accueil des moins de trois ans en coopération avec les communes, accompagnement continu en classe de sixième… À partir de la rentrée 2015, pour tous les « Rep+ », l’indemnité d’exercice en éducation prioritaire sera doublée et les postes d’infirmiers ou d’assistants sociaux seront renforcés. Invités à travailler en équipe, les enseignants bénéficieront de formations et d’une organisation du temps de travail adéquates à l’accompagnement pédagogique des élèves en difficulté, afin de favoriser la réussite de tous les élèves. Ils devront pour cela mobiliser des dispositifs comme la co-observation et le co-enseignement, constituer des petits groupes hétérogènes ou des petits groupes homogènes provisoires. En outre, les savoirs et compétences que l’école requiert, acquis par les élèves les plus favorisés culturellement avant même d’entrer à l’école, devront être enseignés aux élèves qui le sont moins.

Ce texte fait suite au plan de refondation de l’éducation prioritaire2), présenté par le ministre de l’Éducation nationale le 16 janvier, élaboré avec le ministre délégué à la Réussite éducative, et en relation avec le ministre délégué à la Ville. Les lycées en éducation prioritaire, qui ne relèvent pas de la même logique de réseau, seront l’objet de dispositions ultérieures. Depuis la création des ZEP en 1981, la carte de l’éducation prioritaire n’a pas cessé de s’étendre : elle concerne aujourd’hui près de 20 % de la population scolaire.

Marie Gasnier

Pour en savoir plus :

1) Consulter la circulaire n° 2014-077 du 4 juin 2014 – Refondation de l’éducation prioritaire

2) Dossier de présentation de la réforme de l’éducation prioritaire

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